25.10.2008
Sarkozy, président de l'Eurogroupe ?
Une idée fleurit dans la presse selon laquelle Nicolas Sarkozy voudrait continuer à chapeauter l'Eurogroupe après la présidence française... du Conseil de l'Union européenne.
L'UE manque de lisibilité avec le système des présidences tournantes.
Tous les 6 mois, ça change d'orientation politique et le système de "présidence à trois" (pour nous : France, Tchèque et Suède) n'est pas satisfaisant. On dépend trop d'une présidence forte, et donc d'une présidence d'un "gros" pays. Voyez la différence de gestion entre le Kosovo avec la Slovénie et une Commission plus présente ; et la gestion du conflit russo-géorgien avec une Commission qui s'effaçait derrière le service diplomatique français.
Est-ce que la présidence stable (dans le Traité de Lisbonne) changera réellement la donne ?
Franchement, ce n'est pas la vraie solution. Car on reste dans un système intergouvernemental. Et pour le Kosovo, on aura pas plus de cohérence... Comment va faire un président du Conseil européen pour agir rapidement si la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord entre elles ? Est-ce vraiment démocratique vis-à-vis des "petits" pays, et donc in fine de leurs citoyens ?

L'Eurogroupe, pilier d'une avant-garde ?
On le voit bien, c'est au niveau de l'Eurogroupe et de sa surface tant géographique qu'humaine et économique que ce joue les grands outils pour relancer l'économie. Nous ne pouvons plus en rester à la sphère nationale. Mais le manque d'une gouvernance économique réelle pose le problème du manque de volonté politique. Car la BCE a plutôt joué son rôle depuis 1 an en injectant les liquidités au fur et à mesure. L'Europe a été ainsi moins touchée que les USA lors des différentes secousses. Donc le problème se situe au niveau politique avant tout. Si même le Royaume-Uni se rapproche de l'Eurogroupe pour juguler la crise financière, c'est que c'est à ce niveau là que ceal se joue. Mais alors que fait-on des pays de l'Est qui ne sont pas pour la plupart dans l'Eurogroupe ?
La France sarkozyste : moteur de l'Europe ou de l'Europe à la française ?
Nicolas Sarkozy (et Barroso pour le coup) a vu son action salué par tout le monde. Son volontarisme politique a plutôt été utile dans cette crise et a forcé la main aux Irlandais et Allemands qui voulaient se retrancher dans leurs frontières économiques... Mais là, on voit le problème que pose l'intergouvernementalisme : les différents ballons d'essai lancés dans la presse par Jouyet and co ont plutôt agacés les autres chancelleries. Encore une fois, la France retombe dans ses travers (notamment l'arrogance). "Vous comprenez, les Tchèques et les Suédois, ils sont pas aussi bien que nous." Or, nous allons droit dans le mur car il va nous falloir convaincre tous les autres de notre intelligence... et leur intérêt national n'est pas forcément la vision française de l'intérêt général.
Au final, si l'Union européenne ne se sort pas trop mal de la crise, on voit bien que le manque de légitimité politique issue des urnes nous bloque. Tant que la Commission reste dans une vision technocratique et issue de la légitimité du bon vouloir des différentes nations... on aura du mal à changer les choses car la somme des intérêts nationaux ne fait pas l'intérêt général européen. Il faut qu'elle tire sa légitimité des citoyens européens et donc qu'elle soit réellement liée au Parlement européen.
Par exemple avec l'Eurogroupe : quelle sera la légitimité de Nicolas Sarkozy pour présider l'Eurogroupe vis-à-vis des autres pays quand elle n'aura plus la présidence du Conseil de l'Union européenne ? Quelle sera sa légitimité vis-à-vis de Juncker qui vient d'être reconduit ?
12:45 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, europe, politique, france
23.10.2008
Quand Etienne Mougeotte se plante sur l'Europe ?
Je viens de lire l'édito d'Etienne Mougeotte sur Le Figaro.fr, intitulé "L'Eurogroupe starter de l'Europe".
Il commet quelques erreurs dans cette tribune notre ami Tétienne, mais peut-être a-t-il du écrire ce texte un peu trop rapidement pour poursuivre l'offensive "européenne" du gouvernement.
Je mets "européenne" entre guillemets, parce que les services de Nicolas Sarkozy lancent un ballon d'essai pour que Nicolas Sarkozy garde la main sur les affaires européennes, même après la Présidence française du Conseil de l'Union européenne (PFUE). Vision très française de l'Europe, il faudrait que Nicolas Sarkozy "garde la main" sur l'Eurogroupe durant cette tempête financière. Il faut dire que le président tchèque plus euro-tiède que tous les autres chefs de gouvernements de l'Union européenne ne donne pas beaucoup d'espoir sur la volonté politique qui sera affichée durant sa présidence.
Au Parlement européen cette semaine, l'action soutenue de Sarkozy a plutôt été saluée par les eurodéputés et le Président doit se sentir grisé... au point de tomber dans notre travers bien français : croire que c'est la France qui va diriger l'Europe dans la bonne direction.
Alors pourquoi en vouloir à notre ami Tétienne ? Voici quelques points :
- il tire à boulets rouges sur les Tchèques, soupçonnés de manque d'europhilie par rapport à la France (oui, oui, nous sommes les meilleurs, bien sûr) avec "ces héritiers lointains de la Mittleuropa ont plus d'attirance pour Washington que pour Bruxelles"...
- "Seule l'application du traité d'Amsterdam, qui prévoit l'élection d'un président de l'Europe pour deux ans et demi, permettra de sortir de l'ineptie d'une présidence tournante tous les six mois." Euh... Tétienne, on en est à Nice maintenant. De plus, tu confondrais pas avec le Traité de Lisbonne ? Il n'y a personne pour relire ta chronique ?
- "La présence de vingt-sept nations à la table européenne rend infiniment complexe le fonctionnement d'une union qui s'étend de Bergen à Famagouste et de Porto à Salzbourg." Bravo Tétienne ! Depuis 1995, l'Europe s'arrête à Salzbourg. Problème, depuis, on a eu deux séries d'élargissements, 2004 et 2007. Je suis sûr que Budapest (par exemple) sera content d'apprendre qu'elle ne fait pas partie de l'Union européenne... d'Etienne Mougeotte.
Et puis "Bergen"... C'est en Norvège Tétienne ! La preuve sur Wikipedia : ici.
Bref, faut pas écrire trop vite.
09:13 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : figaro, france, europe, sarkozy, politique
19.08.2008
Tribune de Sarkozy sur la Géorgie dans le Figaro
Notre président de la République, Nicolas Sarkozy, a écrit une tribune sur la Géorgie dans le Figaro du lundi 18 août (je vous l'ai mise infra).

- il met en avant le rôle de la France et de l'Europe. Or, il me semblait qu'il agissait en tant que chef du pays qui a la présidence du Conseil de l'UE... Néanmoins, il cite l'UE de manière globale, ce qui n'est pas faux non plus. D'ailleurs, il met en garde la Russie quant à l'arrêt réel des hostilités, sinon, il y aurait un Conseil européen extraordinaire à ce sujet.
- il met l'action de l'UE sur le plan du droit. L'action de l'UE est un préalable, en ce qu'elle permet l'arrêt des hostilités, à une résolution du conflit au niveau de l'ONU. Les relations internationales doivent donc être placées dans le cadre du droit et non du rapport de force.
- l'UE, un acteur réel de ce conflit. Ce n'est pas anodin de ne pas mettre l'action de l'UE en relation avec le point de vue américain (d'ailleurs cela est suggéré avec les conflits yougoslaves et kosovars où ce sont les USA qui avaient donné le ton à l'époque).Il met ainsi en avant le rôle de la volonté politique, où l'Europe a préféré "l'action et la négociation à l'incantation et à la simple dénonciation".
- l'Europe "protection". L'Europe qui "protège les Européens" sert à agir et nous donne une place dans le concert international où les rapports de force risque de changer (voir dégénérer) dans un nouveau conflit USA/Russie.
Enfin, si le Traité de Lisbonne avait été là... il met en avant les deux nouvelles institutions qui sont dans le Traité avec le Président de l'UE + le haut représentant. C'est très bien que le Président revienne de manière pédagogique sur les conséquences du Traité. Seulement il va à mon sens dans une direction très intergouvernementale de l'Europe ! Et par là, risquerait de l'affaiblir.
Or, que risque-t-il de se passer en cas de prime donnée au président de l'UE, c'est-à-dire, président du Conseil Européen ? Si comme en 2003, il y a de grosses différences de points de vue sur le soutien à donner ou non aux USA dans une guerre, que pourra faire le président de l'UE ? RIEN DU TOUT !!! Par exemple, que dirait ce même président de l'UE en cas d'installation de nouveaux missiles pour le bouclier américain en Hongrie ou dans les Etats Baltes ? Il n'y aurait probablement pas de consensus. Il serait donc paralysé.
Le Traité de Lisbonne comme la "constitution" sortie de la Convention "Giscard" n'est donc pas parfait. Ses avancées tiennent en partie à la lecture "fédéraliste" que nous en avons. Si le Président de la Commission est issue des élections européennes (et que le parti gagnant impose son candidat), elle aura réellement la légitimité pour intervenir au niveau international. Surtout que le corps diplomatique du Haut-Représentant sera dès lors à son service. Bien sûr, il devra tout de même agir en concertation avec le Conseil européen, mais en cas de paralysie de celui-ci, sa voie fera pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.
Cela étant dit, je trouve très bien que Sarkozy fasse de la pédagogie en la matière, même s'il est dommage qu'il ne l'est pas faite à la télé en plus. Sa vision intergouvernementale de l'Europe démontre que nous pouvons être pro-européen sans être tous d'accords sur la voie à mener pour poursuivre la construction européenne.
A nous de faire jouer notre différence en tant que Fédéralistes.
14:51 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, sarkozy, géorgie, russie, guerre
15.08.2008
Géorgie, Russie et diplomatie européenne

- un "grand" pays à la Présidence de l'UE
- un service diplomatique reconnu mondialement (on l'a encore vu récemment au moment de l'UPM début juillet)
- un relatif consensus entre les pays de l'UE sur le thème "c'est emmerd*** que la Russie revienne comme ça au premier plan".
- un président français volontaire sur la scène internationale.
- une administration américaine en fin de vie et donc moins réactive (par exemple : Conleza Rice n'a pas pu utiliser son avion parce qu'il était utilisé par le vice-président faisaint campagne pour Mc Cain...).
- une diplomatie britanique attendant de voir le positionnement américain.
Masi admettons que cela se soit passé à un aute moment ?
D'ailleurs, les journalistes français (je ne sais pas ce qu'on dit les autres) se sont empressés de dire que Sarkozy agissait en tant que "Président de l'Union européenne", alors que cette fonction n'existe pas pour le moment :
http://www.taurillon.org/La-presidence-de-l-Union-europee...
L'UE a besoin d'un vrai corps diplomatique, même si cela serait mieux avec une armée ad hoc. Hors, peut-on croire qu'une diplomatie supranationale peut se faire avec des corps diplomatiques différents dans chaque capitale du monde ?

09:40 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géorgie, russie, diplomatie, france, sarkozy
20.04.2007
Université et Présidentielle
Vous ne savez pas encore pour qui voter et vous êtes étudiants ?
La Confédération étudiante a rencontré les 3 "grands" candidats autour de sa grande campagne "Mission insertion", car il faut qu'on donne enfin à l'Université la mission d'insérer les jeunes sur le marché de l'emploi !
Voici leur prestation :
20:20 Publié dans Blog, Podcast | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, présidentielle, royal, sarkozy, bayrou





