03.03.2009
Live-Blogging à la Conférence sur l'Europe d'après
Je vais suivre pour vous en direct la convention "L'Europe d'Après" organisée par Europanova, Notre Europe, Touteleurope, Euractiv, le Pej, Max Havelaar,... A vous de revenir donc au fur et à mesure.


Stéphane Rozès prend la parole et explique qu'il s'agit du premier sondage thématique des élections européennes. "Les Français sont en mouvement par rapport à l'Europe, ils regardent l'Europe comme un objet utile dans un cadre de crise". La moitié des Français estiment qu'ils sont bien représentés. Cependant, Stéphane Rozès remarque qu'ils n'ont pas d'avis réellement tranché. Les jeunes sont les plus critiques à l'égard du travail des parlementaires européens. Pourtant ils sont les plus pro-Européens traditionellements. Donc une forte contradiction dans une forte attente mais avec une forte déception dans le même temps.
Les résultats sur les qualités requises pour un président de la Commission européenne sont claires : il faut une Europe qui soit capable de porter les intérêts européens, il doit également bien connaître les institutions européennes. Pour les électeurs de la gauche, la dimension nationale est plus importante. Pour l'électorat du MoDem, l'important est de savoir faire des compromis.



Joaquin Muñoz, 35 ans, Directeur général de Max Havelaar (ESP), ne se souvient pas très bien de la chute du Mur. Il lui a fallu que sa prof d'espagnol commence son cours par un "viva la Revolution" pour en prendre conscience. Gaëtane Ricard Nihoul, 36 ans, Secrétaire générale de Notre Europe (BEL), n'a pas non plus bien perçu l'évènement. Elle rejette la faute sur le personnel politique qui n'a pas aidé sa génération à comprendre ce qui se passait. Ivan Štefunko, 32 ans, entrepreneur, directeur du réseau des portails EurActiv (SLK), en Algérie et jouait au train électrique. Sandro Gozi, 40 ans, Député du Parlement italien, chef du groupe du Parti Démocrate dans la Commission des politiques communautaires (ITA), était inquiet pour la construction européenne car avait peur que la route s'arrête faute de combat à mener. Il a été "rassuré " après.
Joaquin Muñoz était au Forum social de Belem et nous explique qu'on y a été plutôt pragmatique (même si "les iédalistes y sont dans leur pays"). Donc pas de grande fête de la mort du capitalisme.
18:27 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, france
19.02.2009
De Villiers a-t-il bien fait d'appeler son parti Libertas ?
Il y a des moments où les informations en défaveur de ses adversaires vous donne un petit sourire narquois. Voici la dernière en date de mon côté.
Il se trouve que Libertas a perdu son financement de 200.000€ dû à son nouveau statut de "parti européen" acquis au début du mois...
La théorie du complot leur va si bien...
Le problème ? Libertas avait bien présenté dans sa requête initiale les signatures d'élus de sept pays, comme demandé. Mais deux d'entre eux, un Estonien et un Bulgare, s'étaient ensuite retirés, poussant le Parlement européen à réexaminer le dossier. Et la sanction est tombée... Bien sûr, on crie au scandale du côté des Irlandais nonistes : "Cette affaire est un exemple parfait du caractère anti-démocratique de l'establishment de Bruxelles", s'est indigné dans un communiqué le parti de l'homme d'affaires irlandais Declan Ganley, opposant notoire au traité de Lisbonne.
Mais quelle blague ! Il y a des règles, on les applique sans faire de passe-droit. Comme d'habitude, si on est pas dans la ligne des extrémistes, on est anti-démocratique... Belle leçon de démocratie dans l'échange intellectuel.
Et De Villiers là-dedans ? Et son MPF-Libertas ?
J'avais été interpellé lors du dernier sondage paru sur les intentions de vote aux Européennes du 7 juin 2009 par le libellé du parti de Philippe De Villiers. En voyant que "Libertas" remplaçait le sigle du "MPF", j'ai vu que les alliances de circonstances allaient bon train. Cela ne me choquait pas plus que ça puisque le Non irlandais semblait plus être un Non "de droite".
Mais qu'en va-t-il être dès lors pour Philippe De Villiers ? Va-t-il continuer à s'appeler Libertas, espérant ainsi s'amener la sympathie (et les financements) de ses amis irlandais ? Ou va-t-il retourner vers son bon vieux MPF qui sent autant la naphtaline que ses idées ?
Méchante de Bruxelles va !
20:34 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : europe, libertas, de villiers, france, politique, élection européenne, élections
18.02.2009
Elections européennes et sondage
Ah les sondages et leur cortèges de commentaires (dont le mien) sur les tendances qu'ils dessinent... le dernier en date est tombé sur les élections européennes et les intentions de vote :
70,5% pour les parti "pro-européens" (UMP : 26% / PS : 23% / MoDem : 14,5% / Verts : 7%)
16% pour l'extrême-gauche (dont NPA : 9% / PdG + PC : 4% / Lutte Ourière : 3%)
13,5% pour l'extrême-droite (dont FN : 6% / Libertas : 5% / DLR : 2% / Ex-FN : 0,5%)

Un bon score des "pro-européens" ?
Bien sûr, le côté "pro-européen" de certains partis pourrait être mis en cause, mais ces partis-là acceptent le processus communautaire et ne rejettent pas "l'Europe néo-libéralo-impérialisto-esclavagiste de Bruxelles".
On peut donc en conclure que le camp favorable à la construction européenne reste un acquis en France ? Mouais. C'est allé un peu vite en besogne. D'abord, parce que peu de leaders français ont un discours "européen" ou donnent une vision de l'Europe. Ensuite, parce que l'extrême-gauche progresse fortement. En effet, l'extrême-gauche avait réalisé 9,21% des voix en 2004. On a donc une grande progression.
L'extrême-droite, elle, baisse fortement : elle totalisait 20,22% des voix en 2004 (FN+MPF+CPNT+MNR+RPF), alors que sur ce sondage, elle ne représente que 13,5% des intentions de vote.Enfin, le camp "pro-européen" représentait 66,19% des voix contre 70,5% des voix pour le moment.
Quelle ligne de lecture va gagner ?
Méfions-nous, le temps de la campagne n'est pas encore arrivée et les sondages montrent surtout la tendance nationale du moment. En 2004, le PS avait fait une campagne abominable sur la peur sociale "avec l'Europe, on risque de perdre nos sibeaux services publics"... Cette fois, la ligne d'opposition au pouvoir en place est semble-t-il tenue par le MoDem qui était pourtant classé à droite en 2004. La droite baisse donc de 2.5 points.
Pour l'instant, la stratégie de campagne des extrémistes de taper sur le Traité de Lisbonne ne marche pas. Il faut dire qu'ils n'ont pas beaucoup de visibilité médiatique sur le sujet. L'actu des médias est plutôt centrée sur la crise économique telle qu'elle est ressentie par les Français. Quand le tempo de la campagne européenne sera réellement lancée, aurons-nous réellement un débat de projets sur la vision de l'Europe que veulent offrir les partis ? Ou aurons-nous un référendum sur le traité de Lisbonne commel e souhaite les Mélenchon-Lepen and co ?
Parce que les sondages peuvent dire le ressenti d'un moment, mais ils ne font pas campagne sur le terrain !
11:05 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : europe, france, politique
12.02.2009
Parlement européen : les élections de 2009
Voici une partie d'une note d'information réalisée par Jean-Guy Giraud qui abat un travail pédagogique tout simplement énorme. Bravo à lui !
Pour voir la note en entier :
http://www.europarl.europa.eu/paris/4/uploads/pdf%20breve...

Qui fixe le nombre et la répartition des membres ?
Le nombre des membres du Parlement européen a considérablement augmenté au fur et à mesure des élargissements de l'Union, passant de 72 en 1952 à 785 aujourd'hui (dont 78 pour la France). Ce nombre n'a jamais été fixé selon un critère rigide mais par une décision politique prise à l'occasion de chaque nouveau traité d'adhésion, établissant le montant global et la répartition entre les représentants des différents Etats membres.
Cette répartition est bien entendu fonction de la population des différents Etats - mais les traités ne fixent pas de clé contraignante. Si le traité de Nice ne parle que de "représentation appropriée", le traité de Lisbonne établit le principe de "représentation dégressivement proportionnelle" (en pratique pour permettre aux pays les moins peuplés une représentation plus que proportionnelle à leur population).
De même, le traité de Lisbonne prévoit que, dorénavant, cette répartition sera fixée - non plus par le traité lui-même - mais par une décision unanime du Conseil européen, statuant sur proposition du Parlement européen et en accord avec celui-ci. Contrairement au Conseil des ministres - qui représente les Etats - le Parlement européen doit exclusivement refléter dans sa composition le poids démographique (et démocratique) respectif de chaque Etat. Toutefois, une règle purement proportionnelle aboutirait à un décalage inacceptable entre les petits et les grands Etats (par exemple entre l'Allemagne et le Luxembourg). D'autre part, le nombre total des membres du Parlement européen ne peut pas - pour des raisons pratiques de fonctionnement - excéder un certain seuil.
C'est pour cette raison que le traité de Lisbonne prévoit - en principe - un seuil maximum de 750 membres au total, à l'intérieur duquel aucun Etat ne disposera de plus de 96 sièges et de moins de 6 sièges. Même ainsi encadrée, la représentation des populations des différents Etats membres demeure fortement inégalitaire, au détriment des citoyens des grands Etats membres : un député français représente 850.000 de ses concitoyens contre 6.600 pour un député maltais.
Quelle composition pour 2009 ?
Si les élections de 2009 sont régies par le traité de Nice (le traité de Lisbonne n'étant pas encore en vigueur), le nombre total de parlementaires devra provisoirement redescendre de 785 à 736. Ainsi le nombre de députés français passera de 78 à 72.
Lorsque le traité de Lisbonne entrera en vigueur (probablement en 2010), ce nombre remontera à 754 - dont 74 membres français[1].
Traité de Nice :
. 785 pour 2004 : France = 78 ; Allemagne = 99
. 736 pour 2009 : France = 72 ; Allemagne = 99
Traité de Lisbonne :
. décision initiale : 751 eurodéputés (France = 74 ; Allemagne = 96)
. décision du 12/12/08 : 754 eurodéputés (France = 74 ; Allemagne = 99)
Le traité de Lisbonne corrigera - en pratique - une répartition peu cohérente des sièges entre les Etats membres telle qu'établie par le traité de Nice pour les élections de 2009. Il reste à déterminer comment les 18 parlementaires supplémentaires (dont 2 pour la France) qui ne siègeront qu'après l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2010 seront préalablement élus : probablement dès le 7juin 2009, quitte à rester en réserve jusqu'en 2010...
On peut noter que la nouvelle répartition de 2009/2010 aggrave le différentiel entre les députés allemands (99 sièges) et les députés français (de 78 à 74 sièges). Il en est de même pour la pondération des voix au Conseil puisque celle-ci sera partiellement proportionnelle à la population des deux pays : 82,4 millions pour l'Allemagne (soit 16,7 % de l'UE 27) et 63 millions pour la France (soit 12,8 % de l'UE 27).
En France, un scrutin de liste et 8 circonscriptions
Conformément au système appliqué en 2004, le scrutin de 2009 s'effectuera - dans chacune des 8 régions électorales - sur la base de listes régionales présentées par les partis politiques. Les sièges seront répartis en pourcentage des voix pour chaque liste. En vertu des dispositions européennes, un parlementaire européen ne peut pas être en même temps membre (ou fonctionnaire) d'une autre institution ou organe communautaire. En vertu du code électoral français, il ne peut pas être membre de certains organes (CES, Conseil constitutionnel) ni magistrat. Il ne peut pas non plus être maire ni Président d'un Conseil général/régional. Il peut par contre exercer simultanément un (et un seul) des mandats de conseiller municipal (d'une commune de plus de 3 500 habitants), général ou régional. Les listes régionales des candidats doivent être "composées alternativement d'un candidat de chaque sexe". Le nombre exact de députés pour chacune des 8 circonscriptions est fixé par décret avant la date de convocation des électeurs. Cette répartition devra être modifiée en 2009 pour tenir compte de la réduction de 6 (ou de 4) sièges par rapport à 2004.
Quel taux de participation ?
En 2004, le taux a été de 45,7 % pour l'ensemble de l'UE et de 42,8 % pour la France. Il est paradoxal de constater que la participation moyenne n'a cessé de diminuer depuis 1979 - alors même que le Parlement européen voyait ses compétences, sa notoriété, son image et la confiance de l'opinion publique s'accroître tout au long de cette période.
La principale raison est sans doute liée à l'absence d'enjeu politique national et immédiat de cette élection, à l'engagement mesuré des partis politiques et à la discrétion des campagnes d'information officielles. Cette faible participation contraste donc avec les relatives - et croissantes - notoriété et popularité du Parlement européen - telles que mesurées par les sondages. Si le "décalage" avec le taux de participation aux élections législatives nationales s'explique aisément, l'accroissement continu du déficit du scrutin européen est plus intrigant et préoccupant.
La complexification croissante de la matière communautaire ainsi que la diminution relative du poids de la représentation nationale dans une assemblée sans cesse élargie - à l'image de l'Union - sont une des explications. Dans les grands pays comme la France, la taille inhabituelle des circonscriptions (par exemple, pour la région Sud-Ouest, 10 sièges pour 18 départements et 3 régions) exclut en pratique tout contact direct entre le candidat et l'ensemble de ses électeurs. Seuls un double ou triple renouvellement du mandat (comme souvent en Allemagne) permettrait une plus grande familiarité électeur/élu. De même, la limitation relative des enjeux proprement régionaux de l'élection européenne ne favorise pas l'intérêt des médias ni des populations locales.
Seules des campagnes civiques d'information et d'encouragement à la participation électorale seraient susceptibles de renverser la tendance à la démobilisation croissante des électeurs.
Quels pouvoirs ?
Les pouvoirs du Parlement européen, par rapport à ceux du Conseil et de la Commission, se sont accrus progressivement, au fur et à mesure de la démocratisation de l'UE - elle-même rendue nécessaire par l'extension de son champ de compétences.
Suite à son élection au suffrage universel direct (en 1979), chaque révision des traités (Acte unique en 1986, Maastricht en 1992, Amsterdam en 1997, Nice en 2001 et Lisbonne en 2007) a sanctionné la "montée en puissance" du Parlement européen dans le triangle Parlement-Conseil-Commission.
A l'image d'un parlement national, le Parlement européen dispose principalement :
- d'un pouvoir législatif exercé en codécision avec le Conseil (et sur proposition de la Commission) sur les décisions de l'Union (à l'exception majeure du domaine de la politique étrangère et de défense, plus intergouvernementale que communautaire) ;
- d'un pouvoir de contrôle politique sur la Commission (organe "gouvernemental" de l'Union) que le Parlement européen investit et peut censurer.
Le Parlement est également le seul "forum politique" de l'UE puisqu'il débat publiquement des projets communautaires, interpelle publiquement la Commission et le Conseil (voire la Banque Centrale), influence l'évolution de l'Union (cf. son rôle dans la Convention qui a préparé le projet de Constitution devenu le traité de Lisbonne)... Comme les traités précédents, le traité de Lisbonne accroît les pouvoirs du Parlement européen en vue d'une démocratisation toujours plus complète du processus de décision communautaire.
Il co-légifère dorénavant sur la quasi-totalité des compétences communautaires (y compris dans le domaine de la PAC jusqu'ici réservé au Conseil européen) ; il fixe avec le Conseil la totalité des dépenses de l'Union (y compris les dépenses agricoles jusqu'ici décidées par le seul Conseil), etc...
En résumé, il devient une véritable "chambre basse" au sein d'un système bicaméral dans lequel le Conseil (la "chambre haute") représente les Etats et le Parlement européen représente les citoyens. Le modèle est celui d'un régime parlementaire classique de type fédéral où les deux chambres légifèrent conjointement et où la chambre basse élit et contrôle l'exécutif (en l'occurrence la Commission).
Pour lire la suite :
http://www.europarl.europa.eu/paris/4/uploads/pdf%20breve...
15:41 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, parlement européen, élections, politique
05.02.2009
Sarkozy régresse-t-il sur sa vision de l'Europe ?

Aucune question sur les élections européennes... voilà pour moi le premier résultat du rendez-vous sarkozyste de ce soir. D'ailleurs, alors qu'on a une partie de l'émission consacrée à l'Europe, on est très vite reparti sur des sujets nationaux. Le secteur "international" a été très vite évacué lui-aussi.
Sarkozy revient à l'intergouvernementalisme à tout-crin
J'ai été déçu. Lui qui prétendait avoir une vision de l'Europe durant la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Lui qui faisait l'apologie du Parlement européen. Lui qui nous explique aujourd'hui que la France doit s'exprimer au nom de l'Union européenne... On en revient à l'opposition avec les voisins européens. Une usine en Tchéquie, c'est moins bien qu'une usine en France. Ne serions-nous qu'un agrégat d'Etats ?
Il y a un certain paradoxe. On ne peut pas être "Européen" et s'exprimer à la place des Européens sous prétexte qu'on est Français. Bien sûr, il a adouci de suite sa position en appelant à ce que les 6 pays européens présent au G20 de Londres s'exprime avec les mêmes positions. Mais on ne voit ici qu'une vision "gouvernement-à-gouvernement" de l'Europe.
Enfin un micro-trottoir qui parle réellement d'Europe
Cette vision d'ailleurs va à l'encontre du micro-troittoir proposé. Enfin, on entend des citoyens lambda expliquer qu'ils ont conscience que la France toute seule ne peut pas y arriver. Voilà donc le bon sens de la "France d'en bas". Et que leur répond-on aux citoyens ? Que la France va s'exprimer au nom des Européens...
Quel dommage ! Il avait pourtant l'occasion de lancer la campagne des Européennes. Expliquer qu'il fallait avoir un projet de droite (contre un projet de gauche) pour donner le signal que les pays européens doivent accorder leur violon. C'est pourtant bien l'occasion pour les Européens pour dire quelle direction ils veulent prendre.
Mais non. Faut dire qu'il n'a pas été aidé par les journalistes présents en plateau. La question la plus politique sur l'Europe : la présidence tchéque serait-elle mauvaise ? Mais bien sûr, il va nous répondre en crachant sur les autres... En plus, cette question sous-entend que nous les Français, on a réussi. Trop bien...
22:54 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, france, sarkozy
Sylvie Goulard, tête de liste du Modem. Une vraie surprise
Ce fut une vraie surprise de lire que Sylvie Goulard allait être tête de liste pour le MoDem dans la région Ouest. Autant, je m'attendais il y a quelques mois à ce qu'elle soit candidate, autant cela m'était sorti de l'esprit tant son engagement au Mouvement Européen et la rareté des places éligibles pour le MoDem m'avaient convaincu qu'elle ne serait pas bien placée, et donc qu'elle ne s'engagerait pas.
J'ai écrit un article dans le Taurillon à ce sujet :
http://taurillon.org/Sylvie-Goulard-tete-de-liste-Modem
Cela remue un peu sur les mailing listes des JE-France à propos de cette candidature. Certains lui reprochent d'avoir tenu un double-discours. Je crois jusqu'elle ne s'est fermée aucune porte... et que son talent a fait le reste.
Peut-on réellement regretter qu'une personne de cette qualité aille au Parlement européen ?
Peut-on refuser une tête de liste d'un parti dont on partage les valeurs ?
Enfin, je ne pensais pas que ma photo (en illustration de cet article) où elle discute avec Daniel Cohn-Bendit serait tellement d'actualité quelques mois plus tard... Je l'avais prise lors des Etats Généraux de l'Europe à Lyon le 21 juin 2008
11:35 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, europe, france, politique
03.02.2009
Jean-Claude Juncker a souvent raison
Le parti chrétien social (CSV) du Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a présenté le 1er février son manifeste électoral pour les elections européennes du 7 juin, ainsi que ses candidats. A cette occasion, le président de l'Eurogroupe (non, ce n'est pas Sarkozy...) a déclaré :
«Il ne suffit pas de dire que l'on n'est pas socialiste pour entrer dans le PPE. Ces dernières années, le parti a été trop ouvert, surtout depuis l'élargissement. Le PPE doit développer une ligne commune basée sur une politique sociale. Nos six candidats vont renforcer la mouvance chrétienne-sociale au sein du parti, en insistant sur les droits sociaux minimaux en Europe et créer un socle de droits inaliénables pour les employés». Selon le premier ministre, les chrétiens-sociaux devront être, en Europe, les artisans d'un ordre économique mondial plus juste, après la crise. «La question maintenant est de savoir si après le tout libéralisme, l'Europe est prête à donner la priorité à la politique sur l'économie».
Il pointe ainsi ce qui fait que le PPE-DE a du mal à s'exprimer. En tous les cas avec plus de mal que le Parti Socialiste Européen, qui malgré ses "gauchistes" français (redondance pour nos partenaires européens...) a réussi à définir un Manifesto, programme commun pour les élections européennes, sans qu'il y ait de trop graves crises de conscience.
Il est pourtant hallucinant de voir que le PPE ne peut pas proposer de programme commun "validé" avant avril !
Tant qu'on aura pas de clarification au niveau européen dans les partis politiques, comment les citoyens peuvent-ils s'identifier à l'Europe politique de manière différente que dans l'opposition des intérêts nationaux. C'est-à-dire le système intergouvernemental ?
18:09 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luxembourg, politique, europe, élections, union européenne
God save the Livre sterling ?
Est-ce que le God britanique sauvera la livre sterling ? Parce qu'au rythme où on va, il n'y aura bientôt plus de raisons de laisser le Roayume-Uni en dehors de la zone €uro. D'après Touteleurope.fr :
La fin de la Livre sterling ? C'est en tout cas ce qu'à laisser entendre le commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, en déclarant qu'il y avait "une forte possibilité" que le Royaume-Uni rejoigne la zone euro. A l'heure où chaque Etat membre travaille assidûment sur son plan national de relance, la zone euro fait plus que jamais figure de havre de paix économique.
Cela me rappelle le portrait de Gordon Brown qui avait été réalisé dans le Taurillon au moment de son introduction au 10 Downing Street :
Il a prononcé un discours en octobre 1997 dans le cadre de l'Union qui traduit très clairement la position du nouveau premier ministre : « […] Mais à notre avis [refuser d’intégrer l’Union pour une question de principe] est une erreur. Si la monnaie unique avait un effet positif sur les emplois, le business et la prospérité à venir de la Grande-Bretagne, alors il serait juste de rejoindre [la zone euro] ». Cette grille de lecture risque d'être appliquée de la même manière au cours de son mandat.
Or le pragmatisme tout britanique de Gordon Brown ne peut effectivement rester insensible aux sirènes de l'€uro. Comme le souligne Toni Giugliano dans l'article de ce jour du Taurillon "Sauver la Livre Sterling ? Aucun argument ne tient" : Aucun argument ne tient pour le maintien de la Livre. La situation au Royaume Uni est affreuse. Les touristes britanniques vendent aujourd’hui leurs Livres pour moins de 1 Euro et les marchés ne font plus confiance au gouvernement britannique.
C'est aussi là qu'on voit la force du projet européen : au-delà des conservatismes nationaux, il est nécessaire pour les pays européens d'avancer ensemble alors que nous vivons dans un contexte de plus en plus globalisé. Tout seul, le Royaume-Uni verrait sa belle monnaie d'écrouler et son économie flancher encore plus.
15:11 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, royaume-uni, angleterre, grande-bretagne, politique, euro
02.02.2009
Montebourg a parfois raison
Arnaud Montebourg est un iconoclaste. Parfois un populiste (qui a dit le plus souvent ?). Au moins là, sur le sujet européen, il fait des propositions intéressantes :
1 Prendre modèle sur les Allemands et les Britanniques. L’ambition est de faire émerger une nouvelle génération de députés européens compétents qui s’investiront à plein temps et sur le long terme (jusqu’à trois mandats) au Parlement de Strasbourg. Les candidats qui veulent figurer sur les listes PS aux Européennes devront ainsi s’engager à ne pas cumuler leur poste de député européen avec une fonction exécutive locale. Ils devront aussi faire preuve d’assiduité et ne pas chercher à se servir de leur mandat européen « comme tremplin personnel pour en briguer un autre national ou local d’importance ». Finis donc les allers-retours entre la France et l’Europe, le parti y veillera.
2 Assurer des comptes rendus de mandats. Pour casser le style « hors sol » des élus de Strasbourg et « construire un rapport avec le terrain », les députés PS européens devront faire des comptes rendus dans leur région et « défendre » des dossiers locaux à Bruxelles.
3 Favoriser la diversité. Les listes « doivent ressembler à la France dans la pluralité des origines des Français », indique la note Montebourg. Elles devront donc « afficher en position éligible plusieurs candidats issus de l’immigration ».
4 Echanger des candidatures avec le SPD allemand. Pour rapprocher les socialistes européens, des candidats étrangers pourraient être élus sur des listes françaises et vice-versa. « Vues les tensions que la présidence Sarkozy a installées entre la France et l’Allemagne, je suggère que l’échange ait lieu avec le SPD allemand », insiste Montebourg. Une manière, aussi, de banaliser le Vert Daniel Cohn-Bendit.
Bon, cela ne lui coûtait rien et ce n'est absolument pas repris par Martine Aubry, notamment sur la question de la représentations des courants sur les listes européennes. Cependant, je ne comprends pas ce passage du discours de la Première Secrétaire du Parti Socialiste : "[le Manifesto,] c’est la base de l’engagement que nous porterons. Mais nous travaillons actuellement avec tous nos camarades pour faire un projet qui soit le projet des socialistes français s’appuyant sur ce manifeste européen".
Pourquoi ne pas présenter le Manifesto directement devant les électeurs français puisque c'est ce que défendront les sociaux-démocrates au Parlement européen ?
Bon allez, elle défend quand même l'idée d'un candidat à la présidence de l'Union européenne : "Et tout le Parti socialiste sera avec les socialistes et les socio-démocrates européens pour gagner ce Parlement, pour porter un candidat à la place de Barroso, car Barroso, Berlusconi, Sarkozy, ce n’est pas notre Europe !"
Et Montebourg n'en a pas parlé dans ses propositions... Je me disais bien que je ne pouvais être totalement être d'accord avec lui. Ouf.
18:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, france, ps, parti socialiste, ump
30.01.2009
Barnier aka Babar vs Cohn-Bendit aka le rouge devenu vert
En passant sur le blog d'Eurojunkie, je suis tombé sur une charge violente contre Michel "Babar" Barnier. A priori, mon collègue blogueur a une dent contre l'actuel Ministre de l'Agriculture. Cela dénote d'autant plus que "Babar" (moi, j'aime bien ce surnom) fait plutôt consensus dans le microcosme européen.
Eurojunkie a mis un lien vers un débat entre "Dany le rouge devenu vert" Cohn-Bendit et Michel "Babar" Barnier qui a eu lieu dans les "labos" de Libération. Voici mes quelques commentaires sur ce débat. Ma première remarque est qu'il est agréable d'entendre les responsables politiques des listes vertes et de droite affirmer le besoin de faire une campagne européenne avec des différences qui vont au-delà du Oui et du Non de 2005. On va peut-être pouvoir aller au coeur du débat. Peut-être...
Plusieurs minutes sur les listes
Nous sommes à quelques mois des élections et toute la première partie du débat porte sur les listes. Cohn-Bendit en profite pour tacler le leader de l'UMP pour la campagne européenne sur le psychodrame Rachida Dati. Babar lui répond qu'il se trompe énormément et use de la tactique désormais éprouvée et efficace "nous, on joue la diversité".
Les journalistes qui n'ont pas lu le programme de chacun jusqu'à présent essaye de pointer des contradictions entre l'engagement de Cohn-Bendit pour le Oui et celui pour le Non de José Bové pourtant sur la même liste. Après la réponse de l'eurodéputé vert, Barnier attaque billet en tête les Socialistes après le référendum "srtout tournés vers eux-mêmes".
Le PS semble être vraiment l'adversaire pour l'UMP. Mais s'agit-il du PSE en réalité ? Pour l'instant, nous n'en savons pas plus.
La crise et le scrutin
Enfin, après plus de dix minutes, on commence à arriver sur le fond avec la crise économique. Je pense que Babar devrait préciser son discours. En effet, Eurojunkie pointe son argument sur le "trop de mécanique" et pas assez sur les projets. En gros, on aurait eu tort de faire l'institutionnel car l'Europe doit agir face aux nouveaux pays émergents. Oui, le débat institutionnel pourrit la construction communautaire, mais c'est parce qu'il n'avance pas...
En revanche, bonnes formules de Babar : "L'Europe n'est pas le problème, elle est une partie de la solution" et "on voit bien qu'on se protège mieux en étant ensemble".
Pour Cohn-Bendit, le scrutin va se jouer sur une problèmatique précise : qui propose des mesures qui vont transformer nos vies à ce carrefour économique ? Car pour lui, il est clair, "pour toute personne censée, que la réponse à la crise ne peut pas être nationale".
Babar finit en expliquant qu'il faut préserver la nation... pour dépasser le nationalisme. Mouais. Besoin d'une caution droitière apparemment. Il aurait suffit de dire que "la France ne va pas disparaitre dans l'Europe, mais toute seule ce sera trop difficile pour elle".
La PFUE sera présente dans la campagne française
Les journalistes ont un point de repère : la présidence française. Le fait qu'elle n'ait pas été un échec a donné un sujet à aborder où ils connaissent quelque chose. D'ailleurs, Babar a de suite préciser qu'ils ne resteraient pas sur le passé... tout en vantant la présidence.
Finalement, je me dis qu'on va avoir plus de débats sur l'Union pour la Méditerranée que lors de la PFUE...
Conclusion : j'ai trouvé Babar beaucoup mieux que ce qu'Eurojunkie en a dit sur son blog. J'ai trouvé le débat plutôt agréable avec des arguments des deux côtés. On manque de fond quant aux propositions. Dommage que Cohn-Bendit ait pas rebondi sur la question du journaliste "Barroso est le candidat de l'UMP" (même s'il a raison de dire qu'il est avant tout le candidat de Sarkozy). Car on voit bien qu'on manque de point de fixation. Les opposants à l'UMP pourrait faire campagne sur "non à Barroso l'ultra-libéral". Ce serait démago mais les citoyens auraient l'impression de voter sur quelque chose de concret. A défaut de propositions claires...
Le site de Barnier : MichelBarnier.eu
Le site des Ecologistes : EuropeEcologie.fr
10:33 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, france, politique, ump, verts, écologie, ps





