19.08.2008

Tribune de Sarkozy sur la Géorgie dans le Figaro

Notre président de la République, Nicolas Sarkozy, a écrit une tribune sur la Géorgie dans le Figaro du lundi 18 août (je vous l'ai mise infra).

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Voici quelques petites remarques que je me suis faites à la lecture de celle-ci :
  • il met en avant le rôle de la France et de l'Europe. Or, il me semblait qu'il agissait en tant que chef du pays qui a la présidence du Conseil de l'UE... Néanmoins, il cite l'UE de manière globale, ce qui n'est pas faux non plus. D'ailleurs, il met en garde la Russie quant à l'arrêt réel des hostilités, sinon, il y aurait un Conseil européen extraordinaire à ce sujet.
  • il met l'action de l'UE sur le plan du droit. L'action de l'UE est un préalable, en ce qu'elle permet l'arrêt des hostilités, à une résolution du conflit au niveau de l'ONU. Les relations internationales doivent donc être placées dans le cadre du droit et non du rapport de force.
  • l'UE, un acteur réel de ce conflit. Ce n'est pas anodin de ne pas mettre l'action de l'UE en relation avec le point de vue américain (d'ailleurs cela est suggéré avec les conflits yougoslaves et kosovars où ce sont les USA qui avaient donné le ton à l'époque).Il met ainsi en avant le rôle de la volonté politique, où l'Europe a préféré "l'action et la négociation à l'incantation et à la simple dénonciation".
  • l'Europe "protection". L'Europe qui "protège les Européens" sert à agir et nous donne une place dans le concert international où les rapports de force risque de changer (voir dégénérer) dans un nouveau conflit USA/Russie.

Enfin, si le Traité de Lisbonne avait été là... il met en avant les deux nouvelles institutions qui sont dans le Traité avec le Président de l'UE + le haut représentant. C'est très bien que le Président revienne de manière pédagogique sur les conséquences du Traité. Seulement il va à mon sens dans une direction très intergouvernementale de l'Europe ! Et par là, risquerait de l'affaiblir.

Or, que risque-t-il de se passer en cas de prime donnée au président de l'UE, c'est-à-dire, président du Conseil Européen ? Si comme en 2003, il y a de grosses différences de points de vue sur le soutien à donner ou non aux USA dans une guerre, que pourra faire le président de l'UE ? RIEN DU TOUT !!! Par exemple, que dirait ce même président de l'UE en cas d'installation de nouveaux missiles pour le bouclier américain en Hongrie ou dans les Etats Baltes ? Il n'y aurait probablement pas de consensus. Il serait donc paralysé.

Le Traité de Lisbonne comme la "constitution" sortie de la Convention "Giscard" n'est donc pas parfait. Ses avancées tiennent en partie à la lecture "fédéraliste" que nous en avons. Si le Président de la Commission est issue des élections européennes (et que le parti gagnant impose son candidat), elle aura réellement la légitimité pour intervenir au niveau international. Surtout que le corps diplomatique du Haut-Représentant sera dès lors à son service. Bien sûr, il devra tout de même agir en concertation avec le Conseil européen, mais en cas de paralysie de celui-ci, sa voie fera pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

Cela étant dit, je trouve très bien que Sarkozy fasse de la pédagogie en la matière, même s'il est dommage qu'il ne l'est pas faite à la télé en plus. Sa vision intergouvernementale de l'Europe démontre que nous pouvons être pro-européen sans être tous d'accords sur la voie à mener pour poursuivre la construction européenne.

A nous de faire jouer notre différence en tant que Fédéralistes.

15.08.2008

Géorgie, Russie et diplomatie européenne

Que ce serait-il passé si nous avions eu un "petit" pays dirigeant l'Union ?
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Sarkozy a utilisé toute la diplomatie française pour aller à Moscou et Tbilissi et porter un projet d'arrêt des combats (principal point de revendication des Français). On a eu la convergence de plusieurs éléments :
- un "grand" pays à la Présidence de l'UE
- un service diplomatique reconnu mondialement (on l'a encore vu récemment au moment de l'UPM début juillet)
- un relatif consensus entre les pays de l'UE sur le thème "c'est emmerd*** que la Russie revienne comme ça au premier plan".
- un président français volontaire sur la scène internationale.
- une administration américaine en fin de vie et donc moins réactive (par exemple : Conleza Rice n'a pas pu utiliser son avion parce qu'il était utilisé par le vice-président faisaint campagne pour Mc Cain...).
- une diplomatie britanique attendant de voir le positionnement américain.

Masi admettons que cela se soit passé à un aute moment ?

D'ailleurs, les journalistes français (je ne sais pas ce qu'on dit les autres) se sont empressés de dire que Sarkozy agissait en tant que "Président de l'Union européenne", alors que cette fonction n'existe pas pour le moment :
http://www.taurillon.org/La-presidence-de-l-Union-europee...

L'UE a besoin d'un vrai corps diplomatique, même si cela serait mieux avec une armée ad hoc. Hors, peut-on croire qu'une diplomatie supranationale peut se faire avec des corps diplomatiques différents dans chaque capitale du monde ?
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On me faisait remarquer justement un jour que si on a un problème dans un pays "essetrangé", on devra aller dans une ambassade correspondant à son pays, celle italienne ne nous accueillant pas ou ne pouvant nous fournir les papiers nécessaires par exemple.

J'avais lu qu'un sénateur avait proposé qu'on fussionne des ambassades allemandes et françaises. L'année du 60ème anniversaire de l'amitié franco-allemande, ce serait un beau symbole.

12.08.2008

Géorgie, Russie et Europe

Depuis des mois, je scrute ce qui se passe en Géorgie. En fait, mon oeil avait été attiré à l'époque de la guerre tchétchène sur cette partie du Caucase. Je ne me souviens plus de la tribune, mais je me souviens du passage suivant : "dans la même région, l'Ossétie du Sud du côté géorgien aimerait bien rejoindre la mère patrie, mais cela ne se fera pas tant qu'un gouvernement pas trop éloigné des intérêts de Moscou sera en place."

La Révolution des Roses de 2003 m'avait alerté sur ce sujet tant l'arrivée de l'influence américaine m'avait semblé un point nouveau dans la géopolotique régionale.

Aujourd'hu, nous voyons le retour de la Russie dans le concert international comme un acteur majeur. On ne rigole plus avec l'ancienne URSS. Le changement est moins perceptible et les médias ont du mal à le mettre en avant : ce n'est plus sur l'aspect idéologique que cela se joue.

Avec les JO et la consécration de la Chine super-puissance, vient maintenant le tour de la Russie fière mais pas revancharde. L'Europe paraît bien peu "armée" pour pouvoir se faire entendre dans le concert du monde d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas seulement d'une question de défense ou de diplomatie. Il est grand temps qu'une personnede grande envergure tienne ce discours : nous ne pouvons plus jouer nation européenne par nation européenne. Nous avons un modèle à offrir dans les relations internationales. Mais nous ne possédons pas les moyens de notre ambition.

L'Europe soft power risque de perdre des plumes dans le nouvel ordre mondial.