03.03.2009

Live-Blogging à la Conférence sur l'Europe d'après

Je vais suivre pour vous en direct la convention "L'Europe d'Après" organisée par Europanova, Notre Europe, Touteleurope, Euractiv, le Pej, Max Havelaar,... A vous de revenir donc au fur et à mesure.

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18h30 : cela va démarrer dans quelques instants

Les invités sont proches de la scène désormais (on va attendre encore 5 minutes car il y a encore du monde dehors). Michaelski est déjà prêt et va caricaturer tout au long de la convention. Pour voir les dessins de ce dessinateur : son site. Je l'ai rencontré pour la première fois à la République des Blogs. Ces dessins pris à la volée de Benoît Hamon m'avait bien plu. Content qu'il soit là.
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On va sûrement parler du sondage du jour ("bonjour !") sur le thème "Les Français, les représentants européens et les réponses à la crise". C'est un sondage CSA - Touteleurope - Europanova. Le premier point est que "les Français sont partagés quant au jugement à porter sur le travail des députés représentant la France au Parlement européen"...

18h41 : ça commence

Introduction par Cynthia Fleury, présidente d'Europanova, qui s'excuse de porter des lunettes de soleil (ses lunettes habituelles étant "brisées" récemment). A noter l'expression des "fils fondateurs", en référence aux pères fondateurs de l'Europe. Elle présente les différents partenaires puis quelques résultats du sondage : "les Français se sentent plutôt bien représentés", "le fond prime sur la forme et les Français ne veulent plus de gloire nationale au Parlement européen". Les Français n'attendent "pas tout de l'Europe mais privilégient une solution composite avec une intervention équilibrée de tous les niveaux".

conf 2.jpgStéphane Rozès prend la parole et explique qu'il s'agit du premier sondage thématique des élections européennes. "Les Français sont en mouvement par rapport à l'Europe, ils regardent l'Europe comme un objet utile dans un cadre de crise". La moitié des Français estiment qu'ils sont bien représentés. Cependant, Stéphane Rozès remarque qu'ils n'ont pas d'avis réellement tranché. Les jeunes sont les plus critiques à l'égard du travail des parlementaires européens. Pourtant ils sont les plus pro-Européens traditionellements. Donc une forte contradiction dans une forte attente mais avec une forte déception dans le même temps.

53 % des Français attendent en premier des députés européens un contact sur le terrain. Dans le même temps, ils veulent une présence régulière au Parlement européen. Ce sont de loin les premières qualités demandées aux Eurodéputés.

conf 3.jpgLes résultats sur les qualités requises pour un président de la Commission européenne sont claires : il faut une Europe qui soit capable de porter les intérêts européens, il doit également bien connaître les institutions européennes. Pour les électeurs de la gauche, la dimension nationale est plus importante. Pour l'électorat du MoDem, l'important est de savoir faire des compromis.

Sur la sortie de crise : petite surprise. En effet, les électeurs traditionellement pro-européens connaissent une distorsion entre l'Europe réelle et les attentes. Ils souhaitent plutôt qu'on apporte des solutions nationales à la crise, sur le court terme... Il y a donc une tentation de repli.

19h : 1ère table ronde avec 10 propositions pour sortir de la crise

Christian Mandl commence par rappeler qu'au moment de la chute du Mur de Berlin, il avait 15 ans. Guillaume Klossa était dans une réunion du Parlement européen des Jeunes à Salonique et a du s'exprimer devant un parterre d'Européens espérant que "le souffle européen l'emporte". Matthieu Pigasse avait vécu lui une journée "ordinaire". Thomas Klau vivait une "gueule de bois" à Hambourg et n'a pris la pleine mesure du moment que deux-trois jours après.
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Guillaume Klossa estime que la présidence française a incarné l'Europe : "il y a besoin d'un chef". Il souhaiterait qu'on fusionne les présidence de la Commission et du Conseil européen, car il faut des moyens en plus de la légitimité à celui-ci. Autre idée : une action concertée sur la TVA sur les produits de proximité, pareil pour les produits technologiques. Enfin, il annonce que la "monnaie unique est menacée" et qu'il faut un vrai fond monétaire européen.

Thomas Klau est directeur au European Centre for Foreign Relations (ECFR). Il estime que la crise actuelle dépasse le cadre du couple franco-allemand, même si celui-ci doit bien fonctionner comme laboratoire d'idées. Il estime que la tendance à la fragmentation représente le plus grand danger actuel. "Nous sommes dans une Europe de la coordination, pas dans une Europe dégageant une approche commune. Cette crise doit être le moment pour aller dans une vraie logique communautaire."conf5.jpg

Matthieu Pigasse, auteur de "l'Europe d'après", en met plein la tête au dernier sommet européen : "il s'agissait plutôt d'un déjeuner européen", "un exemple à ne pas suivre". Il propose qu'on renforce l'union franco-allemande par exemple en fusionnant le trésor (et donc les dettes) pour créer une vraie communauté de biens et de patrimoines au sein du couple. Donc la convergence des politiques économiques... Autre idée : faire entrer la livre sterling dans la zone euro, car "le moment est venu me semble-t-il". Enfin il propose un plan de soutien aux pays d'Europe de l'Est qui vivent une crise de confiance économique. L'Autriche est ainsi également concernée par effet de domino et la BCE se doit d'intervenir fortement.

Christian Mandl, fondateur de SkyEurope, estime qu'il ne faut pas englober les pays de l'Est comme une entité indivisible. Il demande à ce qu'on oublie pas la dimension mondiale de la crise. Il est nécessaire d'avoir des institutions de régulation fortes. L'Union européenne peut être leader sur la question. Il demande pour notre continent un fédéralisme budgétaire. Autre idée, il souhaite qu'on est de vrais partis européens et que le vainqueur des élections désignent le président de la Commission. "Barroso a été franchement nul", notamment dans son rôle de leader de la Commission face aux chefs d'Etat. Enfin, il est absolument essentiel selon lui qu'on est une politique réellement européenne de l'énergie. Rien que "pour éviter d'aller faire des courbettes ches Medvedev et Poutine..."

Quelques dessins de Michaelski montrés durant la 1ère table-ronde :
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20h15 : 2ème table-ronde, Inscrire l’Europe dans une dynamique politique

conf 9.jpgJoaquin Muñoz, 35 ans, Directeur général de Max Havelaar (ESP), ne se souvient pas très bien de la chute du Mur. Il lui a fallu que sa prof d'espagnol commence son cours par un "viva la Revolution" pour en prendre conscience. Gaëtane Ricard Nihoul, 36 ans, Secrétaire générale de Notre Europe (BEL), n'a pas non plus bien perçu l'évènement. Elle rejette la faute sur le personnel politique qui n'a pas aidé sa génération à comprendre ce qui se passait.  Ivan Štefunko, 32 ans, entrepreneur, directeur du réseau des portails EurActiv (SLK), en Algérie et jouait au train électrique. Sandro Gozi, 40 ans, Député du Parlement italien, chef du groupe du Parti Démocrate dans la Commission des politiques communautaires (ITA), était inquiet pour la construction européenne car avait peur que la route s'arrête faute de combat à mener. Il a été "rassuré " après.

conf 8.jpgJoaquin Muñoz était au Forum social de Belem et nous explique qu'on y a été plutôt pragmatique (même si "les iédalistes y sont dans leur pays"). Donc pas de grande fête de la mort du capitalisme.

Sandro Gozi explique clairement qu'il manque à l'Europe ce qui vient du bas, à savoir la politisation pour pouvoir peser dans le monde. Aujourd'hui on a "une démocratie plus formelle que réelle", donc pas d'Europe puissance possible aujourd'hui. Mais il ne faut pas oublier que l'Europe est née pour nier la puissance... Il lui faut donc changer d'approche. "Le XXIème siècle ne sera pas européen." Le député italien espère que nous saurons aussi changer notre rapport aux régions avoisinantes. Enfin, il espère que nous saurons dépasser notre rapport à la frontière.

Ivan Štefunko commence par s'excuser... de remplacer Adriana Karembeu qui a failli venir. L'Europe peut devenir très pragmatique, par exemple le passage de son pays à l'Euro au premier janvier 2009. C'est un attachement "pratique". Peut-être faudrait-il faire la liste de l'Europe au quotidien sans qu'on s'en rende compte. Les médias nationaux doivent ainsi être formés. Certains n'ont même pas de représentants à Bruxelles.
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Gaëtane Ricard Nihoul insiste sur la question de la politisation de l'Europe. Elle note un paradoxe : le Parlement européen a plus de pouvoirs alors qu'il y a plus d'abstention aux élections européennes. Son association Notre Europe défend ainsi l'idée depuis 1992 que le Président de la Commission soit issu du résultat des élections européennes. Pour elle, c'est le Royaume-Uni qui a gagné la bataille sémantique. Elle souhaite qu'on remette la formule d'Etats-Nations, formule de Jacques Delors - président d'honneur de son association.

J'ai réussi à poser une question sur l'idée d'un référendum pan-européen. Gaëtane Ricard-Nihoul est d'accord, même s'il faut procéder en plusieurs étapes. Sandro Gozi aussi est d'accord. Il revient sur la question du président de la Commission issu des élections européennes. A propos des Socialistes européens, il remarque que "ce n'est pas que le PSE ne peut pas... c'est qu'il ne veut pas". Sur une autre question concernant Euronews, il observe que c'est trop rébarbatif par rapport à l'offre proposée en Italie, même s'il reconnaît que la qualité n'est pas là.

Fin à 21h15 par Guillaume Borie du PEJ qui a animé les tables-rondes.

19.02.2009

De Villiers a-t-il bien fait d'appeler son parti Libertas ?

libertas-ganley300.jpgIl y a des moments où les informations en défaveur de ses adversaires vous donne un petit sourire narquois. Voici la dernière en date de mon côté.

Il se trouve que Libertas a perdu son financement de 200.000€ dû à son nouveau statut de "parti européen" acquis au début du mois...

La théorie du complot leur va si bien...

Le problème ? Libertas avait bien présenté dans sa requête initiale les signatures d'élus de sept pays, comme demandé. Mais deux d'entre eux, un Estonien et un Bulgare, s'étaient ensuite retirés, poussant le Parlement européen à réexaminer le dossier. Et la sanction est tombée... Bien sûr, on crie au scandale du côté des Irlandais nonistes : "Cette affaire est un exemple parfait du caractère anti-démocratique de l'establishment de Bruxelles", s'est indigné dans un communiqué le parti de l'homme d'affaires irlandais Declan Ganley, opposant notoire au traité de Lisbonne.

Mais quelle blague ! Il y a des règles, on les applique sans faire de passe-droit. Comme d'habitude, si on est pas dans la ligne des extrémistes, on est anti-démocratique... Belle leçon de démocratie dans l'échange intellectuel.

Et De Villiers là-dedans ? Et son MPF-Libertas ?

de villiers.jpgJ'avais été interpellé lors du dernier sondage paru sur les intentions de vote aux Européennes du 7 juin 2009 par le libellé du parti de Philippe De Villiers. En voyant que "Libertas" remplaçait le sigle du "MPF", j'ai vu que les alliances de circonstances allaient bon train. Cela ne me choquait pas plus que ça puisque le Non irlandais semblait plus être un Non "de droite".

Mais qu'en va-t-il être dès lors pour Philippe De Villiers ? Va-t-il continuer à s'appeler Libertas, espérant ainsi s'amener la sympathie (et les financements) de ses amis irlandais ? Ou va-t-il retourner vers son bon vieux MPF qui sent autant la naphtaline que ses idées ?

Méchante de Bruxelles va !

18.02.2009

Elections européennes et sondage

Ah les sondages et leur cortèges de commentaires (dont le mien) sur les tendances qu'ils dessinent... le dernier en date est tombé sur les élections européennes et les intentions de vote :

70,5% pour les parti "pro-européens" (UMP : 26% / PS : 23% / MoDem : 14,5% / Verts : 7%)

16% pour l'extrême-gauche (dont NPA : 9% / PdG + PC : 4% / Lutte Ourière : 3%)

13,5% pour l'extrême-droite (dont FN : 6% / Libertas : 5% / DLR : 2% / Ex-FN : 0,5%)

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Un bon score des "pro-européens" ?

Bien sûr, le côté "pro-européen" de certains partis pourrait être mis en cause, mais ces partis-là acceptent le processus communautaire et ne rejettent pas "l'Europe néo-libéralo-impérialisto-esclavagiste de Bruxelles".

On peut donc en conclure que le camp favorable à la construction européenne reste un acquis en France ? Mouais. C'est allé un peu vite en besogne. D'abord, parce que peu de leaders français ont un discours "européen" ou donnent une vision de l'Europe. Ensuite, parce que l'extrême-gauche progresse fortement. En effet, l'extrême-gauche avait réalisé 9,21% des voix en 2004. On a donc une grande progression.

L'extrême-droite, elle, baisse fortement : elle totalisait 20,22% des voix en 2004 (FN+MPF+CPNT+MNR+RPF), alors que sur ce sondage, elle ne représente que 13,5% des intentions de vote.Enfin, le camp "pro-européen" représentait 66,19% des voix contre 70,5% des voix pour le moment.

Quelle ligne de lecture va gagner ?

Méfions-nous, le temps de la campagne n'est pas encore arrivée et les sondages montrent surtout la tendance nationale du moment. En 2004, le PS avait fait une campagne abominable sur la peur sociale "avec l'Europe, on risque de perdre nos sibeaux services publics"... Cette fois, la ligne d'opposition au pouvoir en place est semble-t-il tenue par le MoDem qui était pourtant classé à droite en 2004. La droite baisse donc de 2.5 points.

Pour l'instant, la stratégie de campagne des extrémistes de taper sur le Traité de Lisbonne ne marche pas. Il faut dire qu'ils n'ont pas beaucoup de visibilité médiatique sur le sujet. L'actu des médias est plutôt centrée sur la crise économique telle qu'elle est ressentie par les Français. Quand le tempo de la campagne européenne sera réellement lancée, aurons-nous réellement un débat de projets sur la vision de l'Europe que veulent offrir les partis ? Ou aurons-nous un référendum sur le traité de Lisbonne commel e souhaite les Mélenchon-Lepen and co ?

Parce que les sondages peuvent dire le ressenti d'un moment, mais ils ne font pas campagne sur le terrain !

17.02.2009

"Sylve Goulard, c'est une copine" - par Daniel Cohn-Bendit

J'ai trouvé une vidéo sur Dailymotion qui m'a donné le sourire :


C'est bien le franc-parler comme ça, on en manque dans les discours politiques français. Et je trouve bien aussi que les liens qui ont pu se créer au sein du Mouvement Européen entre Dany-le-Vert et Sylvie Goulard continuent. D'ailleurs, pour rappel, voici la photo que j'avais prise lors des Etats Généraux de l'Europe à Lyon :
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05.02.2009

Sarkozy régresse-t-il sur sa vision de l'Europe ?

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Aucune question sur les élections européennes... voilà pour moi le premier résultat du rendez-vous sarkozyste de ce soir. D'ailleurs, alors qu'on a une partie de l'émission consacrée à l'Europe, on est très vite reparti sur des sujets nationaux. Le secteur "international" a été très vite évacué lui-aussi.

Sarkozy revient à l'intergouvernementalisme à tout-crin

J'ai été déçu. Lui qui prétendait avoir une vision de l'Europe durant la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Lui qui faisait l'apologie du Parlement européen. Lui qui nous explique aujourd'hui que la France doit s'exprimer au nom de l'Union européenne... On en revient à l'opposition avec les voisins européens. Une usine en Tchéquie, c'est moins bien qu'une usine en France. Ne serions-nous qu'un agrégat d'Etats ?

Il y a un certain paradoxe. On ne peut pas être "Européen" et s'exprimer à la place des Européens sous prétexte qu'on est Français. Bien sûr, il a adouci de suite sa position en appelant à ce que les 6 pays européens présent au G20 de Londres s'exprime avec les mêmes positions. Mais on ne voit ici qu'une vision "gouvernement-à-gouvernement" de l'Europe.

Enfin un micro-trottoir qui parle réellement d'Europe

Cette vision d'ailleurs va à l'encontre du micro-troittoir proposé. Enfin, on entend des citoyens lambda expliquer qu'ils ont conscience que la France toute seule ne peut pas y arriver. Voilà donc le bon sens de la "France d'en bas". Et que leur répond-on aux citoyens ? Que la France va s'exprimer au nom des Européens...

Quel dommage ! Il avait pourtant l'occasion de lancer la campagne des Européennes. Expliquer qu'il fallait avoir un projet de droite (contre un projet de gauche) pour donner le signal que les pays européens doivent accorder leur violon. C'est pourtant bien l'occasion pour les Européens pour dire quelle direction ils veulent prendre.

Mais non. Faut dire qu'il n'a pas été aidé par les journalistes présents en plateau. La question la plus politique sur l'Europe : la présidence tchéque serait-elle mauvaise ? Mais bien sûr, il va nous répondre en crachant sur les autres... En plus, cette question sous-entend que nous les Français, on a réussi. Trop bien...

Sylvie Goulard, tête de liste du Modem. Une vraie surprise

arton2681-7348f.jpgCe fut une vraie surprise de lire que Sylvie Goulard allait être tête de liste pour le MoDem dans la région Ouest. Autant, je m'attendais il y a quelques mois à ce qu'elle soit candidate, autant cela m'était sorti de l'esprit tant son engagement au Mouvement Européen et la rareté des places éligibles pour le MoDem m'avaient convaincu qu'elle ne serait pas bien placée, et donc qu'elle ne s'engagerait pas.

J'ai écrit un article dans le Taurillon à ce sujet :

http://taurillon.org/Sylvie-Goulard-tete-de-liste-Modem

Cela remue un peu sur les mailing listes des JE-France à propos de cette candidature. Certains lui reprochent d'avoir tenu un double-discours. Je crois jusqu'elle ne s'est fermée aucune porte... et que son talent a fait le reste.

Peut-on réellement regretter qu'une personne de cette qualité aille au Parlement européen ?

Peut-on refuser une tête de liste d'un parti dont on partage les valeurs ?

Enfin, je ne pensais pas que ma photo (en illustration de cet article) où elle discute avec Daniel Cohn-Bendit serait tellement d'actualité quelques mois plus tard... Je l'avais prise lors des Etats Généraux de l'Europe à Lyon le 21 juin 2008

02.02.2009

Montebourg a parfois raison

montebourg.jpgArnaud Montebourg est un iconoclaste. Parfois un populiste (qui a dit le plus souvent ?). Au moins là, sur le sujet européen, il fait des propositions intéressantes :

1 Prendre modèle sur les Allemands et les Britanniques. L’ambition est de faire émerger une nouvelle génération de députés européens compétents qui s’investiront à plein temps et sur le long terme (jusqu’à trois mandats) au Parlement de Strasbourg. Les candidats qui veulent figurer sur les listes PS aux Européennes devront ainsi s’engager à ne pas cumuler leur poste de député européen avec une fonction exécutive locale. Ils devront aussi faire preuve d’assiduité et ne pas chercher à se servir de leur mandat européen « comme tremplin personnel pour en briguer un autre national ou local d’importance ». Finis donc les allers-retours entre la France et l’Europe, le parti y veillera.

2 Assurer des comptes rendus de mandats. Pour casser le style « hors sol » des élus de Strasbourg et « construire un rapport avec le terrain », les députés PS européens devront faire des comptes rendus dans leur région et « défendre » des dossiers locaux à Bruxelles.

3 Favoriser la diversité. Les listes « doivent ressembler à la France dans la pluralité des origines des Français », indique la note Montebourg. Elles devront donc « afficher en position éligible plusieurs candidats issus de l’immigration ».

4 Echanger des candidatures avec le SPD allemand. Pour rapprocher les socialistes européens, des candidats étrangers pourraient être élus sur des listes françaises et vice-versa. « Vues les tensions que la présidence Sarkozy a installées entre la France et l’Allemagne, je suggère que l’échange ait lieu avec le SPD allemand », insiste Montebourg. Une manière, aussi, de banaliser le Vert Daniel Cohn-Bendit.

aubry.jpgBon, cela ne lui coûtait rien et ce n'est absolument pas repris par Martine Aubry, notamment sur la question de la représentations des courants sur les listes européennes. Cependant, je ne comprends pas ce passage du discours de la Première Secrétaire du Parti Socialiste : "[le Manifesto,] c’est la base de l’engagement que nous porterons. Mais nous travaillons actuellement avec tous nos camarades pour faire un projet qui soit le projet des socialistes français s’appuyant sur ce manifeste européen".

Pourquoi ne pas présenter le Manifesto directement devant les électeurs français puisque c'est ce que défendront les sociaux-démocrates au Parlement européen ?

Bon allez, elle défend quand même l'idée d'un candidat à la présidence de l'Union européenne : "Et tout le Parti socialiste sera avec les socialistes et les socio-démocrates européens pour gagner ce Parlement, pour porter un candidat à la place de Barroso, car Barroso, Berlusconi, Sarkozy, ce n’est pas notre Europe !"

Et Montebourg n'en a pas parlé dans ses propositions... Je me disais bien que je ne pouvais être totalement être d'accord avec lui. Ouf.

Le problème actuel de l'Europe : le leaderschip à la française

Je viens de lire l'éditorial de ce jour du Figaro par Gaëtan de Capèle. Comme d'habitude, les bons constats ne font pas automatiquement les bonnes solutions.

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Par exemple, il constate que :

- la présidence tchèque sera une "parenthèse" du fait de son président, eurosceptique notoire.

- or nous sommes dans une situation de crise mondialisée qui appelle à ce que l'Europe soit plus présente.

- "l'Europe ne peut pas s'appuyer sur la Commission, qui, dans la tourmente, brille par son inertie, son manque d'imagination et d'autorité."

- "les six mois de présidence française ont démontré qu'elle pouvait être réveillée et jouer un rôle prépondérant pour gérer les situations les plus périlleuses."

Problème : Gaëtan de Capèle tire la mauvaise analyse

Donc pour notre éditorialiste au Figaro, il faut un leadership fort, à l'image de la présidence française. Pour cela, il voudrait s'appuyer sur les 3 "gros" européens, à savoir la France (évidemment), l'Allemagne et le Royaume-uni. Les autres n'ont qu'à attendre les lumières de nos 3 grands pays européens et suivre nos commandemants.

Voici une analyse bien française. Nous arrivons à faire bouger l'Europe quand nous sommes à la présidence du Conseil de l'Union européenne, mais si ce n'est pas nous et que cela ne bouge plus, ce ne serait pas le système qui serait en cause.

Le problème réel de l'Europe : l'intergouvernementalisme à la française

Comment se fait-il que notre éditorialiste ne cherche pas là où le système ne semble pas faillir puisqu'il ne le cite pas ? Je pense bien sûr au Parlement européen, représentant des citoyens au sein des institutions européennes. Car si la Commission manque d'autorité (merci Barroso) et que le système de présidence tournante couplé au besoin d'unanimité de tous les gouvernements européennes... ne faut-il pas comprendre que le système intergouvernemental ne fonctionne plus aujourd'hui ?

Car admettons que les 3 gros pays se mettent d'accord... il leur faudra convaincre les autres "petits" pays du bien fondé de leur point de vue. Que ne va-t-on en perdre comme temps et comme énergie !

Changeons notre logiciel d'analyse sur l'Europe ! C'est ça qui importe.

30.01.2009

Barnier aka Babar vs Cohn-Bendit aka le rouge devenu vert

En passant sur le blog d'Eurojunkie, je suis tombé sur une charge violente contre Michel "Babar" Barnier. A priori, mon collègue blogueur a une dent contre l'actuel Ministre de l'Agriculture. Cela dénote d'autant plus que "Babar" (moi, j'aime bien ce surnom) fait plutôt consensus dans le microcosme européen.

Eurojunkie a mis un lien vers un débat entre "Dany le rouge devenu vert" Cohn-Bendit et Michel "Babar" Barnier qui a eu lieu dans les "labos" de Libération. Voici mes quelques commentaires sur ce débat. Ma première remarque est qu'il est agréable d'entendre les responsables politiques des listes vertes et de droite affirmer le besoin de faire une campagne européenne avec des différences qui vont au-delà du Oui et du Non de 2005. On va peut-être pouvoir aller au coeur du débat. Peut-être...

Plusieurs minutes sur les listes

barnier.jpgNous sommes à quelques mois des élections et toute la première partie du débat porte sur les listes. Cohn-Bendit en profite pour tacler le leader de l'UMP pour la campagne européenne sur le psychodrame Rachida Dati. Babar lui répond qu'il se trompe énormément et use de la tactique désormais éprouvée et efficace "nous, on joue la diversité".

Les journalistes qui n'ont pas lu le programme de chacun jusqu'à présent essaye de pointer des contradictions entre l'engagement de Cohn-Bendit pour le Oui et celui pour le Non de José Bové pourtant sur la même liste. Après la réponse de l'eurodéputé vert, Barnier attaque billet en tête les Socialistes après le référendum "srtout tournés vers eux-mêmes".

Le PS semble être vraiment l'adversaire pour l'UMP. Mais s'agit-il du PSE en réalité ? Pour l'instant, nous n'en savons pas plus.

La crise et le scrutin

Enfin, après plus de dix minutes, on commence à arriver sur le fond avec la crise économique. Je pense que Babar devrait préciser son discours. En effet, Eurojunkie pointe son argument sur le "trop de mécanique" et pas assez sur les projets. En gros, on aurait eu tort de faire l'institutionnel car l'Europe doit agir face aux nouveaux pays émergents. Oui, le débat institutionnel pourrit la construction communautaire, mais c'est parce qu'il n'avance pas...

En revanche, bonnes formules de Babar : "L'Europe n'est pas le problème, elle est une partie de la solution" et "on voit bien qu'on se protège mieux en étant ensemble".

daniel cohn-bendit.jpgPour Cohn-Bendit, le scrutin va se jouer sur une problèmatique précise : qui propose des mesures qui vont transformer nos vies à ce carrefour économique ? Car pour lui, il est clair, "pour toute personne censée, que la réponse à la crise ne peut pas être nationale".

Babar finit en expliquant qu'il faut préserver la nation... pour dépasser le nationalisme. Mouais. Besoin d'une caution droitière apparemment. Il aurait suffit de dire que "la France ne va pas disparaitre dans l'Europe, mais toute seule ce sera trop difficile pour elle".

La PFUE sera présente dans la campagne française

Les journalistes ont un point de repère : la présidence française. Le fait qu'elle n'ait pas été un échec a donné un sujet à aborder où ils connaissent quelque chose. D'ailleurs, Babar a de suite préciser qu'ils ne resteraient pas sur le passé... tout en vantant la présidence.

Finalement, je me dis qu'on va avoir plus de débats sur l'Union pour la Méditerranée que lors de la PFUE...

Conclusion : j'ai trouvé Babar beaucoup mieux que ce qu'Eurojunkie en a dit sur son blog. J'ai trouvé le débat plutôt agréable avec des arguments des deux côtés. On manque de fond quant aux propositions. Dommage que Cohn-Bendit ait pas rebondi sur la question du journaliste "Barroso est le candidat de l'UMP" (même s'il a raison de dire qu'il est avant tout le candidat de Sarkozy). Car on voit bien qu'on manque de point de fixation. Les opposants à l'UMP pourrait faire campagne sur "non à Barroso l'ultra-libéral". Ce serait démago mais les citoyens auraient l'impression de voter sur quelque chose de concret. A défaut de propositions claires...

Le site de Barnier : MichelBarnier.eu

Le site des Ecologistes : EuropeEcologie.fr

29.01.2009

14% pour la Gauche radicale en France, cela fait combien au niveau européen ?

parlement1.jpgVoilà ce que j'ai pu lire aujourd'hui dans Europe Midi (du Mouvement Européen) :

Elections européennes : Réalisé par l’Ifop les 22 et 23 janvier derniers, le premier sondage relatif aux élections européennes du 7 juin 2009 révèle qu’en France, la gauche radicale rassemble, aujourd’hui, 14,5% des intentions de vote. Il faudrait, pour cela, que le Parti Communiste, Lutte Ouvrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste et le Parti de Gauche de Mélenchon se présentent sur une même liste. Le PS recueille 22,5% d’intentions de vote. La gauche totalise ainsi 44% des intentions de vote avec les 7% attribués aux Verts de Cohn-Bendit.

D'après Fenêtre sur l'Europe, l'UMP arriverait en tête. Les listes Bayrou sont créditées de 14%, celles du MPF (6,5%) et du FN (6%).

D'un point de vue français

L'électorat de la droite de la droite ne fuit pas Sarkozy comme le proclame à grand renfort de communiqués fracassants les Marine Le Pen et Philippe De Villiers. L'électorat centriste n'a pas fui non plus François Bayrou. Les élections européennes vont-elles être pour lui l'occasion d'un renouveau ?

Les résultats permettraient apparemment un rééquilibrage de la répartition des eurodéputés entre UMP (17) et PS (31). N'oublions pas qu'en 2004, UDF et UMP avaient obtenu ensemble 28 eurodéputés.

Pour l'extrême gauche, le résultat est trompeur. En effet, nous sommes loin d'un front commun de la gauche radicale. Besancenot and co ne veulent notamment pas perdre leur prééminence dans ce camp électoral là.

J'ai surtout l'impression que nous avons les résultats d'un sondage français qui ne tient pas compte de l'élection "européenne". En effet, rien ne ressort dans l'actualité sur ces élections-là.

D'un point de vue européen

D'autant plus que le sondage ne donne aboslument pas de perspective européenne au résultat. Car ce qui importe, au-delà de l'aspect national, c'est de savoir si le Parlement européen va plutôt agir avec une vision de droite ou de gauche ou centriste ou écologiste ou...

Personne ne dit par exemple que le vote français représentait en 2004 seulement 10% du corps électoral français. Or in fine, le PPE (droite) avait obtenu plus de 38%, bien mieux que son rival socialiste du PSE et ses 27%. D'après un site du Parlement européen, le vote PS français avait représenté 4,23% des élus du Parlement européen, contre 1,5% pour l'UDF et 2,32% pour l'UMP.

Car c'est bien là que se joue les élections. Mais que cela soit dans le commentaire politique ou celui médiatique, on est bien loin de le dire aux citoyens. Et les délcarations des différents leaders de la droite au niveau européen laissent présager une victoire du PPE, encore une fois.

Donc combien in fine pour la Gauche Radicale française ?

parlement2.jpgSi le NPA et le PCF-PG s'alliait - ce qui ne sera pas le cas a priori -, ils auraient donc 14%. Sur la base des élections européennes de 2004, ce score, leur aurait permis d'avoir environ 14 eurodéputés (l'UDF avait eu 12% des voies et 11 eurodéputés / l'UMP en avaient eu 17 pour 16,6% des voix, source ici). Signalons tout de suite que ce calcul est faussé puisqu'il faut voir les résultats eurorégion par eurorégion. Mais partons du postulat qu'il y ait encore une circonscritption unique comme avant 2004.

Ce serait une progression record puisque seul le PCF avait eu des eurodéputés (3 au total), la gauche radicale du Parlement européen ayant eu globalement 39 eurodéputés en 2004.

Mais il ne faut pas qu'ils rêvent de trop : ils vont partir diviser et nous n'avons pas une circonscription unique. Ce qui rend les places éligibles encore plus chères.

Elections européennes et partis extrémistes

Je pense cependant que nous aurons une poussée des extrêmes, de droite et de gauche, pour ces élections dans tous les pays européens. Espérons qu'ils partiront suffisamment diviser pour ne pas avoir trop. C'est un calcul politique qui marque une petitesse de l'ambition que nous devons avoir pour la construction européenne. Mais tant que nous aurons des partis politiques qui réfléchirons de manière nationale, les conditions économiques difficile et la mondialisation favoriseront les conservateurs, notamment ceux qui rejettent le système qui semble changer trop vite pour eux.

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