03.03.2009

Live-Blogging à la Conférence sur l'Europe d'après

Je vais suivre pour vous en direct la convention "L'Europe d'Après" organisée par Europanova, Notre Europe, Touteleurope, Euractiv, le Pej, Max Havelaar,... A vous de revenir donc au fur et à mesure.

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18h30 : cela va démarrer dans quelques instants

Les invités sont proches de la scène désormais (on va attendre encore 5 minutes car il y a encore du monde dehors). Michaelski est déjà prêt et va caricaturer tout au long de la convention. Pour voir les dessins de ce dessinateur : son site. Je l'ai rencontré pour la première fois à la République des Blogs. Ces dessins pris à la volée de Benoît Hamon m'avait bien plu. Content qu'il soit là.
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On va sûrement parler du sondage du jour ("bonjour !") sur le thème "Les Français, les représentants européens et les réponses à la crise". C'est un sondage CSA - Touteleurope - Europanova. Le premier point est que "les Français sont partagés quant au jugement à porter sur le travail des députés représentant la France au Parlement européen"...

18h41 : ça commence

Introduction par Cynthia Fleury, présidente d'Europanova, qui s'excuse de porter des lunettes de soleil (ses lunettes habituelles étant "brisées" récemment). A noter l'expression des "fils fondateurs", en référence aux pères fondateurs de l'Europe. Elle présente les différents partenaires puis quelques résultats du sondage : "les Français se sentent plutôt bien représentés", "le fond prime sur la forme et les Français ne veulent plus de gloire nationale au Parlement européen". Les Français n'attendent "pas tout de l'Europe mais privilégient une solution composite avec une intervention équilibrée de tous les niveaux".

conf 2.jpgStéphane Rozès prend la parole et explique qu'il s'agit du premier sondage thématique des élections européennes. "Les Français sont en mouvement par rapport à l'Europe, ils regardent l'Europe comme un objet utile dans un cadre de crise". La moitié des Français estiment qu'ils sont bien représentés. Cependant, Stéphane Rozès remarque qu'ils n'ont pas d'avis réellement tranché. Les jeunes sont les plus critiques à l'égard du travail des parlementaires européens. Pourtant ils sont les plus pro-Européens traditionellements. Donc une forte contradiction dans une forte attente mais avec une forte déception dans le même temps.

53 % des Français attendent en premier des députés européens un contact sur le terrain. Dans le même temps, ils veulent une présence régulière au Parlement européen. Ce sont de loin les premières qualités demandées aux Eurodéputés.

conf 3.jpgLes résultats sur les qualités requises pour un président de la Commission européenne sont claires : il faut une Europe qui soit capable de porter les intérêts européens, il doit également bien connaître les institutions européennes. Pour les électeurs de la gauche, la dimension nationale est plus importante. Pour l'électorat du MoDem, l'important est de savoir faire des compromis.

Sur la sortie de crise : petite surprise. En effet, les électeurs traditionellement pro-européens connaissent une distorsion entre l'Europe réelle et les attentes. Ils souhaitent plutôt qu'on apporte des solutions nationales à la crise, sur le court terme... Il y a donc une tentation de repli.

19h : 1ère table ronde avec 10 propositions pour sortir de la crise

Christian Mandl commence par rappeler qu'au moment de la chute du Mur de Berlin, il avait 15 ans. Guillaume Klossa était dans une réunion du Parlement européen des Jeunes à Salonique et a du s'exprimer devant un parterre d'Européens espérant que "le souffle européen l'emporte". Matthieu Pigasse avait vécu lui une journée "ordinaire". Thomas Klau vivait une "gueule de bois" à Hambourg et n'a pris la pleine mesure du moment que deux-trois jours après.
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Guillaume Klossa estime que la présidence française a incarné l'Europe : "il y a besoin d'un chef". Il souhaiterait qu'on fusionne les présidence de la Commission et du Conseil européen, car il faut des moyens en plus de la légitimité à celui-ci. Autre idée : une action concertée sur la TVA sur les produits de proximité, pareil pour les produits technologiques. Enfin, il annonce que la "monnaie unique est menacée" et qu'il faut un vrai fond monétaire européen.

Thomas Klau est directeur au European Centre for Foreign Relations (ECFR). Il estime que la crise actuelle dépasse le cadre du couple franco-allemand, même si celui-ci doit bien fonctionner comme laboratoire d'idées. Il estime que la tendance à la fragmentation représente le plus grand danger actuel. "Nous sommes dans une Europe de la coordination, pas dans une Europe dégageant une approche commune. Cette crise doit être le moment pour aller dans une vraie logique communautaire."conf5.jpg

Matthieu Pigasse, auteur de "l'Europe d'après", en met plein la tête au dernier sommet européen : "il s'agissait plutôt d'un déjeuner européen", "un exemple à ne pas suivre". Il propose qu'on renforce l'union franco-allemande par exemple en fusionnant le trésor (et donc les dettes) pour créer une vraie communauté de biens et de patrimoines au sein du couple. Donc la convergence des politiques économiques... Autre idée : faire entrer la livre sterling dans la zone euro, car "le moment est venu me semble-t-il". Enfin il propose un plan de soutien aux pays d'Europe de l'Est qui vivent une crise de confiance économique. L'Autriche est ainsi également concernée par effet de domino et la BCE se doit d'intervenir fortement.

Christian Mandl, fondateur de SkyEurope, estime qu'il ne faut pas englober les pays de l'Est comme une entité indivisible. Il demande à ce qu'on oublie pas la dimension mondiale de la crise. Il est nécessaire d'avoir des institutions de régulation fortes. L'Union européenne peut être leader sur la question. Il demande pour notre continent un fédéralisme budgétaire. Autre idée, il souhaite qu'on est de vrais partis européens et que le vainqueur des élections désignent le président de la Commission. "Barroso a été franchement nul", notamment dans son rôle de leader de la Commission face aux chefs d'Etat. Enfin, il est absolument essentiel selon lui qu'on est une politique réellement européenne de l'énergie. Rien que "pour éviter d'aller faire des courbettes ches Medvedev et Poutine..."

Quelques dessins de Michaelski montrés durant la 1ère table-ronde :
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20h15 : 2ème table-ronde, Inscrire l’Europe dans une dynamique politique

conf 9.jpgJoaquin Muñoz, 35 ans, Directeur général de Max Havelaar (ESP), ne se souvient pas très bien de la chute du Mur. Il lui a fallu que sa prof d'espagnol commence son cours par un "viva la Revolution" pour en prendre conscience. Gaëtane Ricard Nihoul, 36 ans, Secrétaire générale de Notre Europe (BEL), n'a pas non plus bien perçu l'évènement. Elle rejette la faute sur le personnel politique qui n'a pas aidé sa génération à comprendre ce qui se passait.  Ivan Štefunko, 32 ans, entrepreneur, directeur du réseau des portails EurActiv (SLK), en Algérie et jouait au train électrique. Sandro Gozi, 40 ans, Député du Parlement italien, chef du groupe du Parti Démocrate dans la Commission des politiques communautaires (ITA), était inquiet pour la construction européenne car avait peur que la route s'arrête faute de combat à mener. Il a été "rassuré " après.

conf 8.jpgJoaquin Muñoz était au Forum social de Belem et nous explique qu'on y a été plutôt pragmatique (même si "les iédalistes y sont dans leur pays"). Donc pas de grande fête de la mort du capitalisme.

Sandro Gozi explique clairement qu'il manque à l'Europe ce qui vient du bas, à savoir la politisation pour pouvoir peser dans le monde. Aujourd'hui on a "une démocratie plus formelle que réelle", donc pas d'Europe puissance possible aujourd'hui. Mais il ne faut pas oublier que l'Europe est née pour nier la puissance... Il lui faut donc changer d'approche. "Le XXIème siècle ne sera pas européen." Le député italien espère que nous saurons aussi changer notre rapport aux régions avoisinantes. Enfin, il espère que nous saurons dépasser notre rapport à la frontière.

Ivan Štefunko commence par s'excuser... de remplacer Adriana Karembeu qui a failli venir. L'Europe peut devenir très pragmatique, par exemple le passage de son pays à l'Euro au premier janvier 2009. C'est un attachement "pratique". Peut-être faudrait-il faire la liste de l'Europe au quotidien sans qu'on s'en rende compte. Les médias nationaux doivent ainsi être formés. Certains n'ont même pas de représentants à Bruxelles.
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Gaëtane Ricard Nihoul insiste sur la question de la politisation de l'Europe. Elle note un paradoxe : le Parlement européen a plus de pouvoirs alors qu'il y a plus d'abstention aux élections européennes. Son association Notre Europe défend ainsi l'idée depuis 1992 que le Président de la Commission soit issu du résultat des élections européennes. Pour elle, c'est le Royaume-Uni qui a gagné la bataille sémantique. Elle souhaite qu'on remette la formule d'Etats-Nations, formule de Jacques Delors - président d'honneur de son association.

J'ai réussi à poser une question sur l'idée d'un référendum pan-européen. Gaëtane Ricard-Nihoul est d'accord, même s'il faut procéder en plusieurs étapes. Sandro Gozi aussi est d'accord. Il revient sur la question du président de la Commission issu des élections européennes. A propos des Socialistes européens, il remarque que "ce n'est pas que le PSE ne peut pas... c'est qu'il ne veut pas". Sur une autre question concernant Euronews, il observe que c'est trop rébarbatif par rapport à l'offre proposée en Italie, même s'il reconnaît que la qualité n'est pas là.

Fin à 21h15 par Guillaume Borie du PEJ qui a animé les tables-rondes.

Adieu M. Riot

J'ai appris par le blog de Jean Quatremer une bien triste nouvelle : Daniel Riot nous a quittés, emporté par un cancer samedi dernier. Son engagement pour l'Europe nous servait d'exemple.

Même si je n'ai pas discuté avec vous M. Riot, sachez que vos sites me donnaient souvent des idées et l'envie de me dépasser lorsque je m'occupais du Taurillon. Toutes mes condoléances à votre famille.