02.02.2009
Montebourg a parfois raison
Arnaud Montebourg est un iconoclaste. Parfois un populiste (qui a dit le plus souvent ?). Au moins là, sur le sujet européen, il fait des propositions intéressantes :
1 Prendre modèle sur les Allemands et les Britanniques. L’ambition est de faire émerger une nouvelle génération de députés européens compétents qui s’investiront à plein temps et sur le long terme (jusqu’à trois mandats) au Parlement de Strasbourg. Les candidats qui veulent figurer sur les listes PS aux Européennes devront ainsi s’engager à ne pas cumuler leur poste de député européen avec une fonction exécutive locale. Ils devront aussi faire preuve d’assiduité et ne pas chercher à se servir de leur mandat européen « comme tremplin personnel pour en briguer un autre national ou local d’importance ». Finis donc les allers-retours entre la France et l’Europe, le parti y veillera.
2 Assurer des comptes rendus de mandats. Pour casser le style « hors sol » des élus de Strasbourg et « construire un rapport avec le terrain », les députés PS européens devront faire des comptes rendus dans leur région et « défendre » des dossiers locaux à Bruxelles.
3 Favoriser la diversité. Les listes « doivent ressembler à la France dans la pluralité des origines des Français », indique la note Montebourg. Elles devront donc « afficher en position éligible plusieurs candidats issus de l’immigration ».
4 Echanger des candidatures avec le SPD allemand. Pour rapprocher les socialistes européens, des candidats étrangers pourraient être élus sur des listes françaises et vice-versa. « Vues les tensions que la présidence Sarkozy a installées entre la France et l’Allemagne, je suggère que l’échange ait lieu avec le SPD allemand », insiste Montebourg. Une manière, aussi, de banaliser le Vert Daniel Cohn-Bendit.
Bon, cela ne lui coûtait rien et ce n'est absolument pas repris par Martine Aubry, notamment sur la question de la représentations des courants sur les listes européennes. Cependant, je ne comprends pas ce passage du discours de la Première Secrétaire du Parti Socialiste : "[le Manifesto,] c’est la base de l’engagement que nous porterons. Mais nous travaillons actuellement avec tous nos camarades pour faire un projet qui soit le projet des socialistes français s’appuyant sur ce manifeste européen".
Pourquoi ne pas présenter le Manifesto directement devant les électeurs français puisque c'est ce que défendront les sociaux-démocrates au Parlement européen ?
Bon allez, elle défend quand même l'idée d'un candidat à la présidence de l'Union européenne : "Et tout le Parti socialiste sera avec les socialistes et les socio-démocrates européens pour gagner ce Parlement, pour porter un candidat à la place de Barroso, car Barroso, Berlusconi, Sarkozy, ce n’est pas notre Europe !"
Et Montebourg n'en a pas parlé dans ses propositions... Je me disais bien que je ne pouvais être totalement être d'accord avec lui. Ouf.
18:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, france, ps, parti socialiste, ump






Commentaires
Il a souvent raison, à part en 2005 bien sur.
Ecrit par : Valéry | 02.02.2009
Il a souvent tort, aussi... mais en bon avocat formé à bonne école, il sait exactement retomber sur ses pattes à chaque revirement de situation ! N'a-t-il pas soutenu Ségolène Royal pour la présidentielle, pour la laisser tomber maintenant au profit de Martine Aubry parce que les "éléphants" avaient ostracisé leur consoeur ? Mais je suis hors sujet... Alors revenons à nos moutons.
Vous n'avez pas relevé la contradiction très "montebourgienne" (montebourgeoise ?) entre le 1er et le 2e point :
1) "Les candidats qui veulent figurer sur les listes PS aux Européennes devront ainsi s’engager à ne pas cumuler leur poste de député européen avec une fonction exécutive locale."
2) "les députés PS européens devront faire des comptes rendus dans leur région et « défendre » des dossiers locaux à Bruxelles".
Question : dans quelle région les députés PS feront-ils leurs comptes rendus, puisqu'ils n'auront plus aucun mandat local ? Dans leur région de naissance ? Devant leurs parents et amis ? Et comment pourront-ils "défendre" des dossiers locaux auxquels ils n'auront pas accès puisqu'ils n'auront pas de mandat local ? Par le bouche-à-oreille du voisin ? Par la ligne (inexistante à ce jour) du parti ?
Je reconnais bien là la méthode Montebourg : dire tout et son contraire, de façon à toujours pouvoir dire "j'avais raison" même quand il a tort.
Et je n'oublie jamais que Mr Montebourg, qui s'affiche comme un parangon de vertu, le pur d'entre les purs, est loin de la réputation qu'il se taille lui-même. S'il n'a pas, au sens propre, de "sang sur les mains", il devrait au moins avoir quelques tâches sur la conscience. Mais a-t-il une conscience ?
Ecrit par : ursula71 | 04.02.2009
Concernant le "Manifesto" et les propos quelque peu abscons de Martine Aubry, je vous donne mon interprétation :
Texte d'origine : "[le Manifesto,] c’est la base de l’engagement que nous porterons. Mais nous travaillons actuellement avec tous nos camarades pour faire un projet qui soit le projet des socialistes français s’appuyant sur ce manifeste européen".
Traduction : "[Le Manifesto,] c'est pour l'Europe et ça peut évoluer au gré des promesses à faire (pas à tenir) pour engranger des voix. Mais l'Europe, nous les socialistes du PS français, on s'en fout : on a nos querelles intestines à régler d'abord et un projet français à trouver ensuite pour la présidentielle de 2012. Comme on n'a pas d'idée, on va s'appuyer sur le Manifesto pour se fabriquer un programme français pour 2012, qui, en plus, donnera l'impression que notre candidat s'intéresse à l'Europe. Ainsi, on aura un candidat, un programme, et des électeurs, sans trop se fouler !
Ecrit par : ursula71 | 05.02.2009
Irsula71, je n'y vois pas de contradiction puisque les Eurodéputés français sont élus désormais en fonction d'Eurocirconscription et non plus de circonscription nationale comme c'était le cas précédemment.
D'ailleurs, cela pose problème avec des régions trop grandes et qui ne correspondent à rien. Le paradoxe que vous soulevez réside donc plus dans le mode de scrutin que dans la réflexion "Montebourgeoise" (surnom pas mal trouvé du tout).
Pour le Manifesto, cela me semble logique non ? Espérons qu'il sera largement repris et qu'il n'y aura pas de contradiction...
Ecrit par : Fabien | 05.02.2009
besoin de verifier:)
Ecrit par : Nina_Tool | 19.09.2009
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