03.12.2008

Journée empreinte de réflexion, entre Auschwitz et Cracovie

Journée riche en réflexion avec un menu conséquent : 2 conférences + visite d'Auschwitz + dîner dans un restaurant du quartier juif de Cracovie après une visite dans les pas de Jean-Paul II du centre historique.

Conférence sur le totalitarisme

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Que dire de George Weigel si ce n'est que cela fait du bien d'avoir quelqun capable de s'exprimer aussi complètement et simplement sur le totalitarisme tout en ayant un public "international" en face. Certes il rappelle des "évidences" mais cela me paraît nécessaire sur de tels sujets. Par exemple lorsqu'il nous explique que les jeunes Polonais font une erreur en cherchant à oublier l'époque du Communisme car il est fondamental de se rappeller pour que cela ne se reproduise plus, d'une manière ou d'une autre. Il est vrai que la Pologne a connu deux totalitarismes : le nazisme puis le communisme.

Il a également raison de rappeler que les camps (de concentration ou les goulags) sont "intrinsèques au système et qu'ils n'en sont pas des accidents". Ils avaient bien pour but "non pas de détruire un individu mais toute une catégorie".

Je lui ai demandé de développer le lien qu'il fait entre la montée des nationalismes et celle des totalitarismes. Sa réponse est claire : si la Nation consiste à supprimer toute idée de transcendence, cela devient rapidement dangereux, surtout si elle a pour but de détruire les aspérités. Il pose ainsi la question sans tabou : le nationalisme étant très récent (300 ans à peine), est-ce que le transnationalisme n'est pas le futur ? Il précise cependant qu'il voit plutôt le "national" comme principale unité de base.

Avec gentillesse George Weigel a accepté une mini-interview après sa conférence. Je vous la présenterai prochainement.

La visite d'Auschwitz

Compliqué. Beaucoup d'émotions. Déjà dans le car, la vidéo de présentation du camp via le témoignage du vidéo-photographe de l'Armée rouge était complète. Ce qui m'a le plus marqué étant les visages : ceux des survivants et ceux des morts. Le coeur retourné, surtout à la vue des bébés n'ayant pas résisté.

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La visite du camp ensuite. Difficile pour plusieurs raisons :

- dur de voir une telle organisation au service de la mort. Avec une telle ampleur.

- dur de voir les "badeaux" ne pas respecter les consignes concernant les photos à l'intérieur des barraquements. La fascination pour la mort l'emporte sur le respect des lieux. Est-ce une façon de ne pas faire totalement face à la peur qui règne sur le lieux ?

- dur de voir les caméramens guetter les visages pour un "bon plan" mais qui ne s'intéressent pas à la visite.

- dur de me prendre un coup de caméra à l'intérieur du "final", à savoir le four, sans excuse de la part du "professionel". Séquence nauséeuse et révoltante pour moi quand je voyais ces "touristes" prendre des photos sensationnelles en ignorant les panneaux à l'entrée qui demandent de respecter pourtant la mémoire des morts.

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Finalement, j'ai l'impression que les visages filmés font plus d'effets que "l'usine" à touristes qu'est Auschwitz aujourd'hui. J'ai encore un goût amer en écrivant ces lignes.

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Conférence sur Jean-Paul II

George Weigel repart pour un tour, sur Jean-Paul II et son rapport à la Pologne. J'ai trouvé que le sujet était peut-être trop global. Cependant, j'ai apprécié son intervention rappelant notamment que le parcours de Karol Wojtila était marqué par un principe de vie : suggérer mais toujours laisser le libre-arbitre à l'humain en face de soi. Cela m'a ainsi éclairé sur le rapport de Jean-Paul II à Solidarnosc : le syndicat polonais a toujours pu garder sa totale autonomie tout en ayant la "protection" internationale de cette figure du XXème siècle.

Oui, la vérité l'a emporté sur le mensonge. Et oui, le choix de privilégier l'humain et la confiance dans l'individu a été plus stratégique que la logique totalitaire communiste au final.

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J'ai bien aimé qu'il y ait aussi des questions polémiques dans la salle : le soutien de l'église aux dictatures sud-américaines et le rapport de la religion à la société civile et ses valeurs. D'autant plus agréable que George Weigel a tenu le cap en répondant franchement tout en laissant la possibilité à l'interlocuteur de ne pas être d'accord avec lui. Un échange franc et intellectuellement raffraichissant.

Visite de Cracovie et dîner dans le quartier juif

Après la (rapide) visite du centre historique de Cracovie en lien avec Jean-Paul II, nous avons dîner dans le quartier juif de la ville. Pour l'anecdote, un trio de musiciens était chargé de jouer de la musique traditionnelle juive (sur la base d'un violon, d'une contre-basse et d'un accordéon) pour la fin du repas. Alors que les musiciens accordent leur instrument, le "leader" viloniste du groupe nous apostrophe en polonais car il devait estimer qu'on ne faisait pas assez attention à lui. Après m'être fait traduit ses paroles menaçantes, il prétendait tout simplement que si nous faisions trop de bruit (faut dire qu'ils n'avaient pas encore commencé), ils ne joueraient pas et que cela ne leur posait pas de problème puisqu'ils étaient déjà payés. La classe quoi...

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Photo prise à l'intérieur du restaurant

Commentaires

Sympathique billet et je suis pleinement d'accord avec vous

Écrit par : BTscene | 17.10.2011

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