29.11.2008

La différence entre la CGT et la CFDT ? L'Europe...

On poursuit notre suivi du panneau d'affichage du Raincy, avenue de la Résistance (de nuit) :

CFDT.jpg

On voit bien la différence entre la CGT et la CFDT : cette dernière recolle sur les affiches de l'extrême-droite... Donc pas d'alliance de circonstances avec les souverainistes de tout (mauvais) poil, comme l'avait fait récemment la CGT (voir mon précédent billet).

C'est simple, évident finalement.

26.11.2008

Bientôt "Tchèque et mat" ?

Je viens de lire une super bonne nouvelle sur le blog d'Eurojunkie (mon titre fait référence ainsi à son billet) : la Cour constitutionnelle tchèque vient enfin de convenir que le Traité de Lisbonne pouvait être ratifié (ou pas) par son Parlement et qu'il n'y avait rien de contraire à la constitution du pays de Kafka.

Une bonne claque pour Klaus

tchéquie.jpgLe président tchèque vient de subir un nouveau gros revers politique. Après que les dernières sénatoriales aient été une catastrophe pour son parti, la Cour constitutionnelle vient de le déjuger. Il avait pourtant fait le déplacement pour prétendre qu'il y avait un problème... Or il n'a plus ni l'argument juridique, ni la majorité au Parlement pour contre-carrer la ratification.

Il ne lui reste plus qu'une alternative : refuser de signer. C'est malheureusement déjà le cas du président polonais, alors que son parlement a ratifié le texte. C'est aussi le cas du président allemand qui pour acheter la paix sociale demande son avis à la cour constitutionnelle (et donc fédérale) de son pays. Mais peut-il se le permettre ? On me rétorquera que le président polonais le fait bien lui... Mais qui peut se réjouir d'une telle alternative ? Pas les démocrates, même si parmi eux certains sont déçus qu'il n'y ait pas eu de référendum en France, voir dans toute l'Europe (comme moi).

Le problème irlandais

La pression se fait de plus en plus sur l'Irlande. La Suède vient en effet de ratifier et va bientôt être rejoint par la Tchéquie (qui va prendre la direction du Conseil de l'Union européenne). Or nous sommes face à deux contradictions :

- une partie des arguments des nonistes ne tient plus, car comment un pays désormais neutre comme la Suède pourrait ratifier un tel traité si ce dernier est belliqueux ?

- comment avoir un Oui alors que le gouvrnement irlandais ne fait rien pour, tentant de jouer la montre dans l'espoir de ne plus se retrouver seul à avoir dit non ?

Le problème reste donc entier car nous risquons d'avoir 1% des citoyens de l'Europe qui bloquent le processus de ratification. Nous ne pouvons pas leur reprocher d'exercer leur choix. En revanche, on peut se demander si la politique de l'autruche menée par les gouvernements européens ainsi que celui irlandais va nous mener vers une plus grande adhésion des citoyens à la construction européenne.

Les élections européennes : un vrai enjeu politique

Le combat réside donc dans les futures élections européennes et la clé de lecture qui en sera donné au citoyen. Les souverainistes comme Debout la République vont tempêter contre l'Union européenne. L'extrême-gauche va tempêter contre tout et surtout Sarkozy.

Il reste aux partis politiques européens et donc nationaux qui sont plutôt pro-européens à mener une vraie campagne sur des sujets qui seront traités par les futurs parlementaires.

25.11.2008

Alliance entre la CGT et les Souverainistes d'extrême-droite ?

En revenant de l'Assemblée Générale des Jeunes Européens - France (à Lyon, le week-end dernier), j'ai eu une mauvaise surprise en arrivant sur Le Raincy.

Sur le panneau d'affichage en face du Monoprix, j'aperçois les affiches habituelles de l'extrême-droite "Alliance pour la Résistance Nationale" qui appelle à la sortie de l'Europe ou fait des amalgames avec tous les maux de la terre. Les Raincéens commencent à être habitués. Plus surprenant, on voit du rouge et du jaune. La CGT est dans la place ! Les élections prud'hommales approchent, ceci expliquant cela.

Mais quelque chose m'a frappé :

CGT + ARN.jpg

Comment se fait-il que le militant CéGéTiste n'ait pas recollé les affiches des souverainistes ? Perso, j'aurais recouvert le panneau. Au lieu de cela, les bons militants CéGéTeux ont décidé de se "répartir" l'espace d'affichage. On note d'ailleurs que recoller une affiche d'un spectacle musical, c'est moins grave pour eux.

Alors je me pose la question : est-ce que nous assistons là à une alliance tacite entre la gauche de la gauche et la droite de la droite ? Un peu comme à l'époque du référendum de 2005 où les deux extrêmes de se marchaient pas sur leur plate-bande.

Flippant mais évident.

18.11.2008

Peut-on faire revoter les Irlandais ?

Un sondage récent présente les Irlandais comme plus favorables à la ratification du Traité de Lisbonne qu'ils avaient rejeté le 13 juin 2008. Même si un sondage n'est qu'un sondage, il indique une tendance différente de celle qui jusqu'à présent prévalait, à savoir : "on a dit Non et puis c'est tout".

Doit-on faire revoter les Irlandais ?

Peut-on faire revoter un texte sur lequel la souveraineté nationale s'est déjà prononcée ? La réponse est oui : les conditions ont changé. En effet, quand les Irlandais revoteront (si leur gouvernement le décide), ils seront les seuls à ne pas s'être exprimés favorablement à la ratification du Traité puisque vu la configuration parlementaire de la Suède et de la Tchéquie, un vote négatif de leur part est peu probable.

La question aura en quelque sorte changé : ce ne sera plus êtes-vous pour ou contre le traité de Lisbonne mais souhaitez-vous être les seuls à dire non. Voir même : voulez-vous que les Européens avancent sans vous ?

L'enjeu est bien là désormais. Car si les Irlandais revotent non, il est probable que les autres pays décident d'avancer "sans" l'Irlande.

Va-t-on avoir un oui cette fois-ci ?

Les arguments du Non n'ont pas changé en Irlande, ils sont toujours aussi porteurs. Surtout parce que les défenseurs du Oui n'ont pas changé quant à eux leur manière de s'adresser au public. Ils sont toujours sur la réserve, de peur de froisser l'électeur et de le "perdre" irrémédiablement.

On ne peut donc être guère être optimiste sur le résultat d'un possible nouveau référendum. Les nonistes de cette île continuent de jouer sur les peurs et personne dans le personnel politique irlandais actuellement n'est capable d'avoir un autre discours, surtout en pleine crise financière et donc économique.

Les déclarations probablement ajoutées au Traité de Lisbonne (seul biais juridique pour avancer sans changer le contenu du traité et donc entrainer une nouvelle ratification globale) ne vont faire que confirmer ce qui existe déjà. Les nonistes préparent déjà leurs arguments : ces déclarations ne sont pas des vrais changements au texte, on va toujours perdre notre souveraineté pour décider sur l'avortement ou sur notre neutralité... Ils ne vont pas dire qu'ils ont gagné alors qu'ils savent pertinement que ces arguments sont mensongers.

Peut-être les leaders du Oui seront plus surs d'eux. Mais vont-ils faire campagne sur le terrain ? Rien est moins sûr. D'autant plus qu'ils n'obtiendront pas la garantie, en dehors d'une simple déclaration pour la prochaine Commission, de ne pas perdre "leur" commissaire.

Que se passe-t-il en cas de non ?

Voilà la question qu'il ne fait apparemment pas poser : que se passe-t-il si les Irlandais votent encore une fois non ? Comme écrit supra, la décision pour être prise d'avancer quand même. On emploiera les mots de "crise" ou de "catastrophe". Peut-être certains dirigeants en profiteront pour dire qu'ils ne veulent plus engager leur pays dans le traité et qu'il est caduc car non ratifié par une partie de la population européenne.

Ce qui est le plus péoccupant, c'est que personne ne semble poser la question. Par peur de trouver une solution politique qui empêcherait de refaire voter les Irlandais ? Non. Parce que personne ne veut sortir de son train-train européen. Les élections européennes se préparent de manière nationale, les discussions intergouvernementales continuent comme si de rien était.

Pourtant, il y a bon nombre de fervents supporters de la construction communautaire au sein des personnels politiques et des fonctionnaires des institutions européennes. On ne les entend pas assez. A qui la faute ?

Aux politiques eux-mêmes. Aux médias. C'est aussi la faute de nous, citoyens, qui laissons ces questions de côté. Malheureusement.

17.11.2008

Nouveautés sur l'avenue de la Résistance au Raincy

La dernière semaine a vu plusieurs nouveautés sur l'avenue de la Résistance du Raincy. Cette artère principale et centrale du Raincy est fréquentée tous les jours par des centaines de voitures et des centaines de piétons qui viennent y faire leur courses ou qui rejoignent leur habitat.

Camaïeu arrive

Principale innovation pour le porte-feuille de ces Dames : l'ouverture d'un Camaïeu. Celui-ci remplace un magasin de décos-ameublement et se situe à côté du "Rosny-Prix" :

camaïeu.jpg
Pour y avoir fait un tour, du classique et des vendeuses gentilles. J'ai remarqué plusieurs couples qui comme le mien venaient découvrir ce nouvel espace de consommation. Un conseil : ne parlez pas à la directrice du magasin (à la caisse) de l'enseigne qui n'est pas droite... Elle le prend avec humour, mais vous ne serez sûrement pas les premiers et je ne sais pas jusqu'à quand elle le prendra avec le sourire !

Monoprix fait de la place pour les handicapés

Si vous passez comme moi tous les jours devant le Monop', vous verrez du bleu fleurir... devant le magasin. En effet, une place de parking est désormais peinte en bleu pour réserver la place aux handicapés.
monoprix.jpg

Comme vous le voyez sur la photo, la place a l'air de faire envie à beaucoup de voitures... ou de cyclomoteurs ! Espérons que la police municipale fera respecter l'espace réservé aux personnes à mobilité réduite car pour le moment, j'ai vu beaucoup de voitures sur cette place. A moins que Le Raincy ait une proportion exceptionnelle de personnes en fauteuil, la place était continuellement occupée par des automobilistes qui devaient sûrement plutôt penser à leur joie d'être garé en face.

La Boulangerie prend ses habits d'hiver ensoleillé

boulangerie 1.jpgLa Boulangerie à la vitrine rouge a changé son intérieur. L'avenue de la Résistance a plein de boulangerie me direz-vous, mais je suis sûr que vous vous êtes déjà arrêté à celle qui se trouve à côté de Camaïeu.

Des couleurs chatoyantes vous accueilleront désormais, "ça nous changera du temps qu'on a ici" comme me disait la vendeuse.

Vu la place qu'il reste, je suppose qu'il y aura d'autres installations de mises car pour l'instant l'agencement de la boulangerie n'a pas changé.
boulangerie 2.jpg

14.11.2008

Concert Dédicace ce soir

Je me rends ce soir à une super soirée : un concert Dédicace...

Tous les précédants concerts organisés par cette association ont toujours été des fêtes réussies ! En plus, les PAF de 10 euros seront dédiées à l'organisation d'un voyage pour les petiots de la CAF du XXème.

Dédicace.jpg

Les infos pour venir

Vernissage Expo à 19H avec les artistes Cheeka et Ben'Arts. Concert Reggae Hip Hop Soul avec Minimom's Crew, Baby G, 2Bal, Yeahman'C, Solale, Jav, Nayah, Trinity, Laudy, Bulit... Ambiance by DJFrey & Shadow Killa Sound System
A L'Innatendu, 20 rue du Pré Saint Gervais à 50m du métro Hoche, (ligne 5) / Porte de Pantin (PC2 - PC3)

PAF : 10€ - Les fonds de la soirée serviront à l'organisation d'un mini séjour à Pâques 2009 pour des enfants en difficultés.

En savoir plus sur l'association Dédicace :
http://ddicace.free.fr/
www.myspace.com/ddicace

13.11.2008

Europe et Chimie

Je ne suis pas un très grand fan des Sciences. Le choix de la filière ES (économique et social) en 1ère a aussi été motivé par ça : il n'y avait plus de physique, de chimie, de biologie...

Pour rattraper mon retard en la matière, voici une petite vidéo réalisée pour EUtube :

Le message me laisse perplexe parce qu'on ne voit pas forcément le lien entre la vidéo et le soutien de l'Europe aux carrières des chercheurs. Mais pour une fois qu'on a un clip original...

Bien joué à E-Toile (le blog de Touteleurope) pour l'avoir promue sur leur site !

Vanneste moins dangereux que des hooligans du PSG

Christian Vanneste a été définitvement relaxé. Le député UMP a été blanchit au nom de la liberté d'expression. En France, on a donc le droit de dire que l'homosexualité était inférieure à l’hétérosexualité. Si on l'a poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité.

La morale est de l'ordre du politique et non du juridique

Flippant. Mais logique. Ce n'est pas au juge de fixer la morale. Sur le plan juridique, il n'a pas été injurieux. Sur le plan moral, il est nauséabond. En fait, la polémique doit enfler, non pour dire que les juges ont été mauvais mais pour obliger l'UMP à se positionner, à dire que ce n'est pas moral de dire ce genre d'insanités. Car que se cache-t-il derrière ?

Si les homosexuels sont inférieurs, doit-on leur donner les mêmes droits qu'aux hétérosexuels ? Doit-on les séparer ? Que fait-on des bisexuels ? Des transexuels ?

Imaginer que ce genre de débats puisse survenir, cela me glasse le sang. En fait, je sens le débat n'est pas dans la clarté, mais dans l'ombre, dans les murmures, dans les sous-entendus. Par exemple, Gérard Longuet devant Darcos :

L'homosexualité est toujours mal perçue en France

Ce qui est le plus flippant, c'est que le murmure fait son lit du non-dit. Par exemple d'après le blog Diner's Room, un article du The Independant cite sous couvert d'anonymat un leader du PS en Bretagne qui explique que l'homosexualité de Delanoë a été un vrai handicap électoral...

A l'heure où tout le monde célèbre au travers de l'Obamania une société multiculturelle, on peut se poser la question de savoir quelle va être la réaction politique à cet arrêt. Autant on a tapé sur les juges pour l'histoire d'un mariage annulé pour cause de virginité liée à la religion musulmane, autant j'ai l'impression que le silence pesant va s'empresser de s'abattre sur cette question.

Pourquoi ? Peut-être parce que les homosexuels sont très présents dans les hauts cercles parisiens où il est de bon ton de ne pas se poser la question et où tous les avis sont tranchés sur la question. Il est vrai par exemple que je connais plus d'homosexuels sur Paris que sur La Rochelle. Pourtant à La Rochelle, le Tuxedo ou d'autres bars-boîtes (La Cage à Rochefort, etc), il existe des lieux connus où l'homosexualité s'affiche sans question de revendication particulière. Mais il est vrai qu'au-delà de ces lieux, les propos homophobes existent sans créés de polémiques.

Plus de papiers sur la banderole anti-chti que sur Vanneste

Un autre buzz est entrain de se créer : le PSG va jouer contre Lens, match déjà présenté comme la revanche contre la banderole anti-chti. N'importe quoi. On relance aujourd'hui une polémique dont les journaux télévisés, radios, papiers, internet ont fait leur choux-gras. Que n'avait-on pas entendu à l'époque !

Je ressens ainsi une injustice : en tant que supporter parisien, j'ai été stigmatisé fortement. J'ai endossé le rôle du méchant pointé par les médias. M'est revenu dans les soirées dans les conversations des "ah, t'es supporter du PSG ? Cela te gêne pas d'être supporter d'un club d'extrême-droite ?". Et oui, on voit où nous mène le déferlement médiatique : à des amalgames dangereux.

Au final, une frange de supporter a produit une banderole pas drôle qui a suscité l'émoi. Combien d'articles n'ont pas surgi ! Le Gouvernement s'est prononcé, a reçu le maire de Lens ! Au final, une décision de justice a empêché le PSG d'être privé d'une compétition qu'il avait remporté. Cela a fait polémique. On a pas parlé de liberté d'expression. On est pas revenu sur la dissolution d'un groupe de supporter qui n'a fait que fournir les moyens aux indépendants de Boulogne de réaliser la banderole.

Qui est le plus dangereux ?

Je m'interroge ce matin : qui est le plus dangereux entre une bande d'affreux supporters assoifés de sang et un député qui vote des lois ?

Car le débat se situe là : M. Vanneste vote des lois, peut en changer le contenu, représente la Nation. Il est moralement plus responsable qu'une bande de supporters. Pourtant, il subira moins les conséquences de son point de vue qu'eux. Il n'aura pas d'interdiction d'hémicyle (d'autant plus qu'il n'est pas condamné) quand les autres sont interdits de stade.

Revient le débat sur la morale et la politique : que fera l'UMP ? Est-ce que M. Vanneste pourra se représenter aux prochaines élections ? Sera-t-il toujours membre de l'UMP ?

Parce qu'au final, il n'a rien. Que la vindicte limitée à la blogosphère (pour le moment) ou les applaudissements de ceux qui hurlent à la victoire de la liberté d'expression... Pour moi, la liberté prend ce matin une drôle d'expression. Plutôt sombre.

12.11.2008

Entre Fischer et Kerdrel, je choisis Fischer !

Je sui tombé sur 2 tribunes sur le site du Figaro :

- La crise, une chance pour l'Europe par Joschka Fischer, du 10 novembre.

- Un gouvernement économique européen ? Utopie ! par Yves de Kerdrel, du 11 novembre.

Dès le titre, on s'aperçoit que les deux auteurs ne vont pas aller dans la même direction. Je n'aborderai pas les fortes critiques de Joschka Fischer sur la Commission Barroso, Jean Quatremer le fait très bien. Je me contenterai de cibler deux passages qui me semblent marquant :

Yves de Kerdrel écrit ainsi :

L'Europe des nations telle qu'elle a été conçue par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle avec les idées des «pères fondateurs» n'a jamais visé à priver chaque pays de sa spécificité économique et à la placer sous la coupe d'un gouvernement fédéral. Non pas par idéologie, mais par réalisme. Parce que ces plus vieux pays au monde ont chacun leur identité, y compris économique.

Comme d'habitude, nous avons encore là une vision très française du fédéralisme : un Etat européen voudrait dire la disparition de la France, puisque c'est ce que ferait la France pour les autres pays si elle dominait l'Europe. Les pays européens risqueraient de perdre leur spécificité économique. Cela fera sûrement sourire les Allemands ou les Américains qui eux sont dans un système fédéral.

Les Pères Fondateurs rêvaient donc d'une "Europe des Nations" ? Ah, première nouvelle. Peut-être que l'éditorialiste financier du Figaro s'est trompé avec l'Europe de 1815 ? Pourquoi est-ce que les De Gaulle, Adenauer et consorts se sont-ils réunis sur cette idée allant à l'encontre même du concept de Nation ? Parce que par réalisme, ils savaient que seuls, à l'échelle de Nation, ils ne pesaient pas grand chose face aux super-puissances d'alors. Le réalisme demande donc d'avoir une vision à moins courte-vue. Le phantasme pousse l'auteur à imaginer que nous pourrions perdre nos spécificités économiques. Mais qu'elles sont-elles ? L'industrie allemande ? Le génie français ? Le pragmatisme de la City ?

Yves de Kerdrel devrait se souvenir du choix du PS de 1981 qui avait mené une politique de relance allant à l'opposé de ce que faisaient tous nos partenaires. Cette politique est allée dans le mur. Parce que macro-économiquement, nous ne pouvons plus agir comme nous le voulions dans une Europe déjà de plus en plus intégrée. Et qui l'est de plus en plus auojurd'hui.

Nicolas Sarkozy, par exemple dans son 1er discours devant le Parlement européen (en juillet), parlait de données qu'il fallait réfléchir en termes européens. Par exemple, le problème que nous avons par rapport aux autres pays du monde qui n'ont pas les mêmes contraintes sociales que nous dans la production.

Il aurait du lire dans les mêmes colonnes du Figaro la tribune de l'ancien ministre des Affaires étrangères allemand, daté du jour précédant :

Pour le dire simplement, les États européens sont trop petits pour faire individuellement face à une crise de cette dimension. Seule l'Union européenne est en mesure de protéger les intérêts de tous les Européens - y compris ceux en dehors de la zone euro, voire en dehors de l'UE.

Nous sommes trop petits pour avoir des spécificités économiques suffisantes pour nous tenir éloigner des autres pays européens. C'est l'absence de gouvernement éconmique européen qui est donc une utopie.

10.11.2008

Rapport Kaspi et Europe

kaspi.jpgM. Kapsi va rendre prochainement un rapport sur les commémorations nationales. Il y relève qu'il y en a trop et qu'il faudrait les réduire à 3.

"Le 11 novembre, ça peut être le moment où l'on commémore tous les morts pour la France, que ce soit la Grande guerre, les guerres postérieures et les guerres à venir. Le 8 mai, c'est la victoire sur le totalitarisme nazi, la victoire de la liberté, de la démocratie. Quant au 14 juillet, c'est la fête de la nation tout entière, des valeurs de la Révolution française."

Transformer le 8 mai en 9 mai pour remplacer la guerre par l'Europe

Sympathique, mais il pourrait aller encore plus loin : le 8 mai est un symbole de guerre et n'est pas très sain quand on regarde en parallèle la construction communautaire. Pour être plus clair : à l'heure de l'amitié franco-allemande, doit-on encore en rester sur une date qui nous a divisé ? Surtout, qu'il existe une fête européenne très proche : le 9 mai. La plus grande victoire sur tous les totalitarismes, c'est la construction de l'Europe qui a permis à notre continent de vivre (dans le cade de la CEE puis de l'UE) 50 ans de paix.

Rendre ce jour ferié pour remplacer celui du 8 mai éviterait aussi un autre inconvénient : le 1er mai et le 8 mai sont séparés d'une petite semaine et créent donc un intervale régulier au mois de mai qui paralyse un peu l'économie. Le décaler d'un jour pour prendre en compte à la place le 9 mai permettrait de casser ce mauvais rythme de mois de mai tout en gardant ce jour férié pour les salariés. Dernier avantage : si le 1er mai tombe un dimanche, cela voudrait dire que le jour férié suivant ne tomberait pas non plus le dimanche...

L'Europe comme bromur pour les régions...

Je voudrait cepedant réagir également à une autre déclaration de M. Kapsi : les autres dates auraient "un statut régional" ou "communautaire". J'ai du mal à voir comment on pourrait rendre communautaire ces commémorations :

Dernier dimanche d’avril : journée de la déportation (1954) ;

8 mai : victoire de 1945 (1981) ;

10 mai : abolition de l’esclavage (2001) ;

2e dimanche de mai : fête nationale de Jeanne d’Arc (1920) ;

8 juin : hommage aux morts d’Indochine (2005) ;

17 juin : hommage à Jean Moulin (c’est un usage) ;

18 juin : appel du général de Gaulle le 18 juin 1940 (2006) ;

14 juillet :Fête nationale (1880) ;

16 juillet : hommage aux Justes de France (2000) ;

25 septembre : hommage aux harkis (2003) ;

11 novembre : armistice du 11 novembre 1918 (1922) ;

5 décembre : hommage aux morts de la guerre d’Algérie (2003).

J'ai l'impression que l'Europe sert ici à rassurer les régions qui se voient confier en réalité la charge d'organiser (ou pas) l'évènement...

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