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26.03.2008

Le Royaume-Uni empêche l'Europe d'avancer

Je viens de lire l'interview de Gordon Brown dans Le Monde.  Comme d'hab', l'Anglois me mets en colère. Mais à quelques heures d'un France-Angleterre en Football, peut-il en être autrement ?

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En effet, comme d'hab', les dirigeants anglais nous servent la soupe du "Il faut une Europe qui puisse être un acteur mondial"... mais, après le traité de Lisbonne, il ne faut surtout pas toucher à l'aspect institutionnel pendant (au moins) 10 ans.

Alors, je sais bien que notre ami Godon Brown (voir sa présentation dans le Taurillon) doit faire passer la pilule outre-manche d'une ratification de ce traité et qu'il ne faut pas faire peur aux plus euro-sceptiques. Je sais aussi que les différents gouvernements européens leur donnent raison à chaque fois en laissant le Royaume-Uni décider par exemple de ne pas se voir appliquer la Charte des Droits Fondamentaux. Mais après le chèque britanique, les dérogations à l'application de tel ou tel parti d'un traité européen... cela commence à faire beaucoup.

Alors peut-on faire l'Europe avec les Anglais dedans ? La meilleure façon serait d'arrêter toutes ces conférences intergouvernementales qui décident du futur de l'Europe. Le vote à la majorité qualifiée sur tous les sujets obligeraient les pays qui ne veulent se voir imposer l'Union européenne dans son ensemble à se poser la question de leur avenir dedans.

C'est à double-tranchant. Mais cela aura au moins le choix de la clarté.

Extraits de l'itw de Gordon Brown : 

Quel doit être le rôle de l'Europe dans cette mondialisation ?

Depuis une décennie ou deux, à cause de son élargissement, qui est une grande réussite, car il apporte la paix et la prospérité aux pays de l'Est, l'Europe s'est concentrée sur elle-même et son organisation à vingt-sept. Le traité de Lisbonne décide de ce fonctionnement. Maintenant, dans l'économie mondialisée, elle doit se positionner vis-à-vis de l'extérieur.

L'Europe doit devenir un acteur global, elle doit construire une société capable d'affronter les changements climatiques, la lutte contre le terrorisme, les Etats voyous, la pauvreté et être en mesure de créer une coopération économique entre les pays riches et les pays pauvres.

Comme une entité, elle peut être leader sur l'environnement et changer la manière dont le monde voit le changement climatique. Elle peut mener la bataille contre le terrorisme et l'instabilité. Elle peut être à l'avant-garde de la création d'une société qui intègre, où toutes les populations peuvent bénéficier de la prospérité. Elle peut faire de grosses différences dans les relations entre riches et pauvres, elle est le plus gros donateur. L'Europe mondiale, l'Europe unie, travaillant ensemble pour des enjeux mondiaux dans la société mondiale est capable de changer fondamentalement les choses.

Reste-t-il un avenir en Europe pour une plus grande intégration ?

Les gens pensent à juste titre qu'avec le traité de Lisbonne à vingt-sept, il n'y a pas besoin de nouvelle réforme institutionnelle pour les dix ans à venir.

Soutenez-vous la candidature de Tony Blair à la présidence du Conseil européen ?

Bien sûr.

La Grande-Bretagne peut-elle prétendre être au cœur de l'Europe alors qu'elle reste hors de l'euro, hors de l'espace Schengen et hors des affaires de justice et d'immigration ?

Sur la justice et les affaires intérieures, nous avons le choix. L'essence de la coopération économique, c'est le marché intérieur, la monnaie unique a été construite au-dessus. Avec 60 % de nos échanges extérieurs tournés vers le marché intérieur, nous sommes un acteur central. Le fait que nous soyons hors de l'euro ou d'autres aspects ne nous met pas en marge des forces motrices du futur développement européen : le marché unique, l'environnement, et bien sûr le rôle de l'Europe dans le monde.

Souhaitez-vous une réintégration complète de la France dans l'OTAN et une relance de l'Europe de la défense, dix ans après les accords de Saint-Malo ?

C'est au président Sarkozy d'annoncer ce que veut la France mais j'accueillerais favorablement cette initiative.

Commentaires

sauf que Gordon n'est pas anglais mais ecossais...

Mais je ne suis pas d'accord avec toi, l'UE a besoin du pragmatisme et de l'efficacité des Britanniques. Attends la ratification du traité de Lisbonne et le discours changera sans doute. Je ne sais pas si tu imagines comment la presse eurosceptique lui aurait pourri la vie si il avait dit que le traité de Lisbonne n'était que le prélude a une refondation des institutions de l'UE, surtout avant le vote a la Chambre des Lords. Et puis, contrairement a ce qui est dit un peu partout, Brown n'est pas opposé a une relance de la PESD, ce qui est en contraditiction avec "pas de réformes avant 10 ans".

Ecrit par : Thomas | 27.03.2008

Merdum, c'est vrai qu'il est scottish notre ami Gordon... Toutes mes excuses pour cet oubli.

Tu sais les Britaniques, ils demandent ce qu'ils veulent, : à la limite, le problème est qu'on leur donne à chaque fois !

Je suis d'accord avec toi sur la question du calendrier, je la signale d'ailleurs dans mon commentaire. Cependant, je suis échaudé des grandes déclarations d'intentions sur l'Europe.

Mais comme on a gagné hier en foot, je veux bien donner le bénéfice du doute aux citoyens de sa gracieuse Majesté.

Ecrit par : Fabien | 27.03.2008

Hmm, plutot une victoire par défaut. Ca reste moins excitant qu'un PSG-Lyon...
Meme pas pu voir le match, ce chameau de Murdoch ayant acheté les droits pour Sky.

Ecrit par : Thomas | 27.03.2008

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