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01.11.2007
Faut-il ou non défendre le Traité de Lisbonne ?
Quand on s'est trouvé comme moi être un ardent défenseur du Traité portant Constitution pour l'Europe (TCE), on se doit de poser la question de savoir si on doit également défendre le Traité de Lisbonne.
D'abord pourquoi avoir soutenu le TCE : parce qu'il allait dans le bon sens malgré ses imperfections et qu'il émanait d'un processus qui ne soit pas simplement l'accord des intérêts nationaux avec la Convention.
Giscard nous dit que c'est le "TCE à 90%". Donc apriori favorable. Mais quels sont ces 10% qui ont donné du fil à retordre à cet accord intergouvernemental ? Notamment : les symboles de l'Union... C'est bête mais comme dirait ce même Giscard "ça me fait quelque chose". Voici un traité bien difficile à simplifier...
Est-ce que ce TCE est une victoire de la vision britannique de l'Europe ? Oui et non.
Non parce qu'il y a cinquante mille avancées, même tempérées. Sans ordre particulier : la Charte des Droit Fondamentaux, de nouvelles règles pour définir les membres de la Commission européenne (et non plus 1 commissaire par pays), de nouvelles règles de double-majorité avec un rôle fortement accru du Parlement, un Président intergouvernemental de l'Europe pour 2ans et demi renouvelable, un Ministre des Affares étrangères (même avec un autre nom), le sport a un statut différent, etc, etc.
Oui, les Britanniques avaient toute légitimité à mettre sur le site du "10 Downing Street" que leur "lignes rouges ont été sécurisées" : la Charte ne s'appliquera pas au Royaume-Uni, la PESC leur sera appliquée presque à leur bon vouloir, l'Europe politique n'a pas autant avancé que ça et on en a pris pour 10 ans...
Donc ce Traité est un (trop) petit pas. Mais faut-il dire non et refuser les avancées sans garantie aucune de quoi que ce soit derrière ? Comme en 2005 en France ? Car ce plan B est moins bien que le TCE.
Autre question : et si on ne l'avait pas, où en serait-on ? Dans la politique du pire. Déjà depuis 2005, nous Français, nous avons donné raison aux Britanniques sur le fait que l'Europe intégrée n'est pas la seule voie dont les peuples ont envie. C'était déjà de la politique du pire puisque nous avons inversé le rapport de force en faveur de ceux qui veulent une Europe simplement du marché, qui n'intervienne pas.
Les fonctionnalistes sont contents : on a un traité qui avance un peu. Les extrême-gauchistes ne sont pas contents, cela est vicié depuis le début par le marché et faut tout refuser parce que cela n'infirme pas des principes en place depuis 50 ans en Europe (vie la plitique del'Autruche). Les Fédéralistes : nous avons l'impression de nous faire avoir quelque part.
Nous ne sommes plus en effet dans le bon rapport de force : le sujet institutionnel devraitt être refermé, si nous en croyons les déclarations de Jean-Pierre Jouyet (qui n'est pas le moins des pro-européens). Robert Toulemon l'a dit aussi à David Soldini.
Ce dernier a raison : il faut que nous ayons là "le dernier desTraités" car quand le sujet institutionnel reviendra, la méthode intergouvernementale a tellement prouvé sa non-efficacité que nous seront obligé de passer par une autre méthode : conventionnelle ou constituante.
Bref, traité que je qualifierai de "minimum syndical".
10:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : france, europe, politique






Commentaires
En effet ce traité est mauvais - alors que le traité constitutionnel était passable. Il reste bien meilleur que celui actuellement en vigueur et il faut tout naturellement l'adopter. De là à le défendre je ne crois pas que ce soit notre rôle en tant que militants fédéralistes car ce traité n'est pas le nôtre alors que le traité constitutionnel était isu d'un processus ouvert que nous avions réclamés et comportait une dimension politique (le symbole, c'est de la politique) qui a été délibérément écarté du traité de Lisbonne.
Nous devons consacrer notre énergie non pas à le défendre ni même à l'expliquer - mais surtout à défendre nos revendications pour de futures avancées.
Bien sur dès que les loups nationalistes sortent du bois il faut les combattre, car c'est à l'idée européenne qu'ils s'attaquent systématiquement, sous le couvert de critiquer tel ou tel texte. On les connaît et on les reconnaîts.
Ecrit par : valéry | 01.11.2007
On nous demandera de l'expliquer... pas forcément de le défendre.
Je suis allé à une fête l'autre jour organisée par la Confédération étudiante. Ceux qui connaissaient mon engagement européen sont venus me voir pour me demander de faire le point.
Les grandes lignes sont celles que tu cites mais il nous faut quand même être capable d'expliquer pourquoi nous souhaitons qu'il passe alors que nous n'en sommes pas contents...
Comme dit le Communiqué de presse des JE : un traité vraiment difficile à simplifier...
Ecrit par : Fabien | 02.11.2007
C'est moins le Traité qui est compliqué... que notre état d'esprit à son égard : entre honteux soulagement du ''déblocage'' et nombreuses déceptions à l'égard du texte obtenu. Difficile à simplifier, je ne sais pas (drôle de titre pour un CdP...) mais difficile à expliquer (et nous avec...), sûrement.
Pour le reste, nulle crainte à avoir : ce traité, personne ne nous demandera jamais de l'expliquer. L'ennui, c'est que tout le monde retiendra surtout de cette affaire qu'un tel traité a été négocié en catimini et dans le dos des opinions publiques.
En procédant ainsi, on coupe l'Europe (censée être un phare de la démocratie...), d'un lien direct avec ses propres citoyens. C'est là une très grave erreur.
Il y avait bien une porte de sortie : c'est que l'on donne clairement mandat aux futurs députés européens de fixer les institutions. Ainsi, le lien entre populations et institutions aurait était créé, notamment à travers une campagne électorale.
Mais là, procéder de la sorte, c'est, au mieux de l'aveuglement de la part des européistes conservateurs, au pire du sabordage de la part des national-eurosceptiques réactionnaires...
Ecrit par : Ronan | 07.11.2007
Un traité de259 pages, c'estquand mêmesource de bonnes prises de têtes pour les étudiants en droit communautaire...
Imagine si quelqun te demande les changements pour le Parlement européen : tu les donnes mais il va falloir lui dire que ce ne sera pas applicable avant 2014, voir 2017...
Bref, pour un Traité simplifié...
Ecrit par : Fabien | 08.11.2007
Bah, on aurait pu faire exactement les mêmes reproches au Traité précédant. c'est d'ailleurs en partie l'épaisseur et la complexité de l' ''annuaire'' soumis à leur réflexion (et quinze ans sans aucune pédagogie européenne depuis la campagne de 1992) qui (sans parler même de l'impopularité de nos gouvernants d'alors et de certains ''mensonges'' de campagne) ont plombé la campagne référendaire.
Cela dit, l'inquiétude de nos contemporains dépasse désormais le simple fait que le document soit épais et complètement illisible (effectivement). Aujourd'hui, ce qu'ils retiennent avant toute chose, c'est que tout cela a - une nouvelle fois - été négocié dans leur dos et sans eux.
Après ça, en cas de référendum (indépendamment de la ''qualité'' du texte obtenu) : soit la lassitude l'emporte, soit on aura 65% de NON.
Ecrit par : Ronan | 10.11.2007
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